L’hypothèse d’un report limité du Brexit gagne du terrain parmi les 27

L’hypothèse d’un report limité de la date du Brexit semble faire son chemin parmi les leaders européens, même si aucune demande en ce sens n’a pour l’instant été posée par la Première ministre britannique Theresa May.

L’hypothèse d’un report limité du Brexit gagne du terrain parmi les 27

Réunis dimanche et lundi dans la ville égyptienne de Charm el-Cheikh pour un sommet avec leurs homologues de la Ligue arabe, les dirigeants de l’Union européenne n’ont pu éviter d’évoquer informellement la question du départ du Royaume-uni de l’UE, dont la date – le 29 mars – approche à grands pas.

Dimanche encore, Mme May a différé «d’ici au 12 mars» un vote des députés britanniques sur l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE, affirmant vouloir se donner plus de temps pour tenter de renégocier le texte avec les Européens.

«Beaucoup se demandent parmi les 27 si Mme May a véritablement la volonté d’aboutir», a analysé un observateur averti à l’issue du sommet. Selon lui, ce nouveau report d’un vote aux Communes s’inscrit avant tout dans une stratégie de la dirigeante conservatrice qui cherche à démontrer qu’elle peut arracher des concessions aux Européens.

De leur côté, les 27 continuent cependant à se montrer inflexibles dans leur refus de renégocier le traité de retrait, conclu en novembre dernier après un an et demi de palabres.

Pour autant, ils n’excluent pas des discussions sur la déclaration politique l’accompagnant, un texte traçant les contours de leur future relation avec Londres, voire sur l’élaboration d’une déclaration interprétative qui pourrait être jointe à l’accord de retrait.

Celle-ci pourrait entre autres permettre de clarifier certains points et rassurer à Londres, sans toutefois porter atteinte au filet de sécurité (ou «backstop») mis en place pour éviter le retour d’une frontière dure sur l’île d’Irlande.

En 2016, une telle déclaration avait notamment permis de sortir du blocage par la Belgique – plus précisément par ses entités francophones – de la signature du CETA, le traité de libre-échange entre l’UE et le Canada.

Si une réelle perspective d’avancement voit le jour grâce à une modification de la déclaration politique et un éventuel texte interprétatif, les Européens pourraient consentir à une courte prolongation du délai du Brexit, a estimé une source au sein de l’UE. Selon elle, ce report ne pourrait toutefois pas atteindre 21 mois, comme l’évoquaient lundi certains médias britanniques.

Les élections européennes prévues le 26 mai prochain rendent en effet l’équation encore plus complexe, étant donné que toute prolongation du délai du Brexit au-delà de cette date impliquerait que les Britanniques soient représentés au Parlement européen, ce qui nécessiterait dès lors d’organiser des élections européennes outre-Manche.