Présidentielle française: 11 candidats officiellement en lice

Pour succéder au socialiste François Hollande, ils seront 11 candidats en piste au premier tour de l’élection présidentielle française le 23 avril.

Simple formalité ou course d’obstacles, la chasse aux parrainages pour l’élection présidentielle française s’est achevée vendredi.

Onze candidats ont obtenu les 500 parrainages nécessaires pour la course à l’Elysée, le seuil qui vaut pre-sélection pour éviter les candidatures fantaisistes à l’élection reine en France, qui se tiendra les 23 avril et 7 mai.

Jacques Cheminade, qui s’oppose «aux forces financières destructrices», Jean Lassalle, député centriste non-inscrit, et Philippe Poutou, ouvrier qui porte le flambeau du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) ont obtenu le nombre suffisant.

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), François Asselineau (Union populaire républicaine), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), François Fillon (Les Républicains), Benoît Hamon (Parti socialiste), Marine Le Pen (Front national), Emmanuel Macron (En marche!) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) avaient déjà composté leur ticket lors des semaines précédentes.

Les dossiers des onze candidats - il étaient dix en 2012 - ont été validés, la répartition des «parrains» respectant des critères de diversité géographique. Ces parrainages sont complétés par une déclaration de candidature ainsi qu’une déclaration de patrimoine.

Plus de 14.500 élus, sur environ 42.000 en France, ont apporté leur signature à un candidat.

Campagne atypique

Visé par une enquête portant notamment sur de possibles emplois fictifs accordés à ses proches, le candidat de la droite François Fillon a obtenu 3.635 signatures, profitant malgré ses démêlés judiciaires du solide réseau de soutien de son parti, Les Républicains.

Derrière viennent l’ex ministre socialiste de l’Éducation Benoît Hamon (2.039), l’ex-ministre de l’Économie Emmanuel Macron (1.829), Jean-Luc Mélenchon (805), Nicolas Dupont-Aignan (707), Nathalie Arthaud (637) et la présidente du Front national Marine Le Pen (627).

A un mois du premier tour, Marine Le Pen et Emmanuel Macron font la course en tête, mais l’incertitude reste entière sur l’issue du scrutin, avec nombre d’électeurs encore indécis, déçus par une campagne parasitée par les affaires.

Fait inédit dans l’histoire des élections présidentielles en France, les trois principaux candidats en tête dans les intentions de vote au premier tour sont en effet impliqués ou cités dans des affaires judiciaires.

Outre M. Fillon, Marine Le Pen est visée par des affaires d’emplois fictifs et de financement illégal de campagne électorale, tandis qu’une enquête préliminaire a été ouverte sur des soupçons de favoritisme autour d’un déplacement ministériel organisé en janvier 2016 pour Emmanuel Macron alors à la tête du ministère de l’Economie au sein du gouvernement socialiste de François Hollande.

Invité surprise de cette élection, François Asselineau, souverainiste et europhobe, obtient 587 parrainages, après avoir tenté sa chance en vain en 2012.

A l’époque, «l’idée même de sortir de l’Union européenne paraissait farfelue, extrémiste». «Cinq ans plus tard, la crise de l’euro avec la Grèce, le Brexit, ont donné raison à ce que je dis depuis neuf ans», a-t-il témoigné.

En vertu d’une loi d’avril 2016 sur la transparence, les parrainages, pour être retenus, devaient parvenir au Conseil constitutionnel par voie postale uniquement, et ce avant vendredi 18 heures.

Pour la première fois aussi, la liste des parrains est publiée intégralement, un manque de confidentialité vu d’un mauvais oeil par les «petits» candidats qui n’ont cessé de dénoncer des «pressions» exercées sur les maires ruraux par les grands partis.

Certains parrainages témoignent de l’éclatement des forces politiques: Emmanuel Macron, revendiqué «ni de gauche, ni de droite», donné gagnant au second tour par les sondages, a ainsi obtenu un peu moins de la moitié de ses signatures à gauche, environ 11% au centre, 16% à droite et un peu moins d’un quart auprès d’élus «divers» ou sans étiquette.

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