Présidentielle française: Valls a-t-il «trahi» Hamon?

Ce mardi, Manuel Valls a ouvertement critiqué Benoît Hamon et refusé de lui apporter son soutien. Hamon parle, lui, de trahison des électeurs de la primaire de la gauche.

Rémi MARTIN
Présidentielle française: Valls a-t-il «trahi» Hamon?
Le jour de la victoire de Benoît Hamon à la primaire est la dernière fois que les deux hommes se sont affichés ensemble. ©AFP

Le PS français va de plus en plus mal. De nombreux élus ont déjà rejoint Macron, y compris certains qui s'étaient engagés lors de la primaire de la gauche à soutenir le vainqueur. Manuel Valls n'a pas (encore) rejoint le candidat «En Marche». Il est le symbole de cette trahison supposée d'une grande partie du PS envers le résultat de la primaire.

Redevenu député après avoir été Premier ministre, le sèchement battu Manuel Valls ne soutient absolument pas le frondeur et démissionnaire de son gouvernement pourtant candidat de son parti. Il critique son programme et son positionnement politique très à gauche.

Valls: le programme de Hamon est une «dérive»

Dans une réunion à huis clos à l'Assemblée, mais dont des passages ont fuité dans la presse, il a sévèrement critiqué Benoît Hamon, lui reprochant son sectarisme. Il considère le programme de Hamon comme «une dérive». Il a annoncé qu'il ne lui apporterait pas sa signature de parrainage.

Devant les accusations de trahison de plus en plus audibles parmi les figures du parti qui soutiennent le candidat du PS comme Aurélie Filippetti, il a répondu à ses accusateurs: «Je n’ai aucune leçon de responsabilité ou de loyauté à recevoir». Il fait référence ici au fait que Benoît Hamon avait quitté le gouvernement et refusé, avec une cinquantaine d’autres parlementaires, de le soutenir lorsqu’il avait pris le tournant social-libéral après 18 mois de quinquennat, faisant vaciller la majorité socialiste. Le gouvernement avait dû faire passer en force certaines lois.

Hamon surpris mais pas encore trahi

Interrogé ce mardi soir au journal de TF1, Hamon s’est dit «surpris» par une décision qu’il découvrait. Il ne se sent pas trahi par Valls mais, dans le même temps, met en avant l’importance du respect des promesses: «En démocratie, le respect de la parole donnée, c’est important.»

Il s’est montré par contre plus dur avec son ancien adversaire de la primaire lorsqu’il s’est mis à la place d’un électeur socialiste: «Sans doute les électeurs de la primaire se sentent-ils aujourd’hui trahis». Il accuse Valls de «ne pas respecter le verdict des urnes».

Un rapprochement Valls-Macron?

La réunion, soi-disant secrète, de Valls à l'Assemblée préparerait un prochain soutien à Macron selon certains médias français mais l'ancien Premier ministre devra alors s'expliquer sur ce revirement. Emmanuel Macron qui engrange soutien sur soutien ne donnera rien en échange d'un rapprochement de Valls avec lui: «En Marche n'est pas une maison d'hôte», a-t-il rappelé ce mardi.

Durant les derniers mois de cohabitation gouvernementale entre le ministre de l’Économie Emmanuel Macron et son Premier ministre Manuel Valls, la tension entre les deux hommes était montée devant la liberté que s’octroyait le jeune ministre.