Obama reconnaît ses torts et prévient de dangers pires que les piratages

Barack Obama reconnaît avoir «sous-estimé» l’impact qu’une campagne de piratages et de désinformation pouvait avoir dans les démocraties, et rappelle que démocrates et républicains sont «dans la même équipe».

Dans une interview à la chaîne ABC, le président américain a toutefois nié avoir sous-estimé son homologue russe Vladimir Poutine, qui selon les espions américains a orchestré cette campagne d’attaques informatiques et de manipulation des médias destinée à favoriser l’élection de Donald Trump au détriment d’Hillary Clinton.

«Mais je pense avoir sous-estimé la manière dont, dans cette nouvelle ère d’information, il est possible pour la désinformation, les attaques informatiques et ce genre de choses d’avoir un impact sur nos sociétés ouvertes, pour s’insinuer dans nos pratiques démocratiques», a déclaré Barack Obama, estimant en outre que cette tendance s’accélérait.

Des problèmes qui dépassent les piratages

Le président a également fait part de son inquiétude par la méfiance d’une grande partie de la population américaine menée par des représentants républicains, des experts et des leaders d’opinion. «Ils semblent avoir davantage confiance en Poutine qu’en leurs compatriotes, parce que ces derniers sont démocrates», regrette Barack Obama. «On ne peut se permettre cela. Nous devons nous rappeler que nous sommes dans la même équipe. Et que Vladimir Poutine n’est pas dans notre équipe. Si nous arrivons au stade où nos concitoyens se sentent plus proches d’un dirigeant qui est un adversaire, et qui voit les États-Unis et leur style de vie comme une menace… Nous aurons des problèmes bien pires que des piratages informatiques.»

Le président américain, qui est sur le point de céder sa place à Donald Trump le 20 janvier, avait ordonné un rapport d’enquête sur l’implication russe dans la campagne notamment «pour être sûr que c’est quelque chose que Poutine fait déjà depuis un certain temps en Europe, dans un premier temps dans les anciens pays satellites où beaucoup de gens parlent russe, mais de plus en plus aussi dans les démocraties occidentales».

M. Obama, qui prononcera son discours d’adieu mardi à Chicago, a noté que parmi les pays alliés des Américains faisant partie de l’Otan, plusieurs comme la France tiendraient des élections prochainement: «Nous devons être vigilants», a-t-il dit, inquiet d’éventuelles interférences.

Selon les services du renseignement américains, l’objectif initial de la campagne de désinformation et de piratages russes était de saper le processus démocratique américain, d’affaiblir une éventuelle présidence Clinton, puis d’augmenter les chances de victoire du milliardaire populiste.

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