Galileo: il ne faudra pas jeter son GPS

Le système de localisation Galileo devrait bientôt être opérationnel et s’afficher comme un concurrent de l’unique outil actuel: le GPS. Faudra-t-il pour autant jeter nos appareils actuels?

Tom EVRARD
Galileo: il ne faudra pas jeter son GPS
Avec le lancement, hier, de quatre satellites, le système Galileo pourra commencer à être exploité. ©AFP

À droite, le GPS (pour Global Positioning System), un système de géolocalisation américain aux origines militaires mais utilisé depuis les années 90 dans une liste kilométrique d’applications civiles.

À gauche: Galileo, le GPS made in Europe, dont la mise en route, initiée en 1999, a connu bien des retards et des déboires. Aujourd’hui pourtant, le GPS européen commence à combler son retard. Il devrait entrer en phase opérationnelle dans les prochaines semaines après le lancement, hier, de quatre satellites par la fusée Ariane.

Puces hybrides

Mais pour le grand public, qui utilise l'incontournable GPS dans la voiture ou sur son smartphone, qu'est-ce que ça change? «Pour l'instant, pas grand-chose, indique René Warnant, professeur de navigation par satellite de l'université de Liège. Il faudra un peu de temps pour voir des appareils équipés de puces Galileo. Les appareils de navigation prochainement mis sur le marché devraient être équipés de puces hybrides, capables d'utiliser tant les données gratuites du GPS que celles de Galileo.» Pas besoin donc de jeter son actuel GPS ou smartphone au rebut, d'autant que le GPS restera évidemment opérationnel même lorsque Galileo sera en place.

Plus grande précision

Où est alors la différence entre les deux systèmes pour l'utilisateur lambda? «Dans la précision, poursuit le professeur liégeois. Là où le GPS offre une précision de 5 mètres, Galileo la réduit à un mètre. À terme, couplé avec d'autres sources d'informations, la précision pourra même être réduite au décimètre. Les terminaux dans les voitures pourront par exemple indiquer à un conducteur sur quelle bande d'autoroute il doit se rendre pour optimiser son trajet…»

Ensuite, fini les zones d’ombre dans les villes ou les zones au relief très tourmenté grâce à un signal plus costaud. Là aussi donc, Galileo s’annonce comme plus performant que le GPS.

Prometteur sur le papier, Galileo l’est. Assurément. Mais il faudra cependant attendre 2020 pour voir le système fonctionner de manière vraiment optimale.