L’incertitude demeure sur le nombre d’assaillants

Hier soir, de nombreuses zones d’ombre demeuraient sur l’identité des assaillants ainsi que sur le nombre d’assaillants et leur origine.

F-X. G.

L’enquête a désormais pris une dimension internationale: les polices française et belge travaillent main dans la main, mais d’autres services, grecs notamment, ont également été sollicités.

1. Les certitudes Trois équipes terroristes étaient à l'œuvre dans les rues de Paris.

Des trois kamikazes qui se sont fait exploser près du Stade de France, un a été formellement identifié. Il s'agit d'un Français de 20 ans, résidant en Belgique, dont on ignorait l'identité hier soir. Un passeport a été retrouvé près d'un deuxième kamikaze mais la police ne pouvait établir avec certitude que le corps était bien celui d'Ahmad alMohammad. Un passeport établi à ce nom a été enregistré en Grèce, avant de prendre la route des Balkans. Il a été repéré pour la dernière fois en Croatie en octobre.

Des trois assaillants qui sont morts au Bataclan, un a été identifié: il s'agit d'Omar Ismaïl Mostefaï, un Français de 29 ans fiché par les services de renseignement français en 2010, pour radicalisation islamiste. L'homme aurait séjourné en Syrie en 2013 et 2014. Il était surtout connu des services de police pour de petits délits, qui avaient donné lieu à huit condamnations entre 2004 et 2010 mais à aucune incarcération.

Troisième certitude, le kamikaze qui s'est fait sauter boulevard Voltaire s'appelle Ibrahim Abdeslam. Il était âgé de 31 ans et résidait en Belgique.

Ses deux frères sont soupçonnés d'avoir participé aux attaques. L'un a été interpellé à Molenbeek samedi, l'autre était recherché hier par la police française qui a émis un mandat d'arrêt. Né le 15 septembre 1989 à Bruxelles, Salah Abdeslam était présenté hier par certains médias comme le cerveau des attentats. La police l'a présenté comme un «individu dangereux». Il aurait participé aux attaques contre les différents cafés et restaurant qui ont fait 39 morts (rues Bichart, Fontaine-au-Roi, Charonne).

2. Les incertitudes La plus grosse incertitude concerne le nombre d'assaillants. Daech a parlé de huit personnes. La police a fait mention hier de la mort de sept kamikazes. Or, trois assaillants sont morts au Bataclan, trois kamikazes sont morts près du Stade de France, un s'est fait sauter Boulevard Voltaire. Ce qui fait grimper le compteur à sept terroristes. Reste ceux qui ont mené les trois attaques de terrasses. Combien étaient-ils exactement?

Deux au minimum, si l’on en croit les témoignages des rescapés. L’un d’eux est sans doute Salah Abdeslam qui a loué les véhicules impliqués dans les attaques: la VW Polo retrouvée à proximité du Bataclan et la Seat Leon stationnée en Seine-saint-Denis, à proximité du cimetière du Père Lachaise. Des zones d’ombre subsistent également autour du «suicide» d’Ibrahim Abdeslam qui n’a fait qu’un blessé Boulevard Voltaire. Une hypothèse serait qu’il ait pris part aux attaques avec son/ses frère(s), la dernière ayant eu lieu à 21h36, avant de se faire sauter 6 minutes plus tard à moins de 500 mètres. Mais pour quelle raison?

La police aurait par ailleurs contrôlé Salah Abdeslam samedi à 9h10 à Cambrai. Il était accompagné de deux personnes. Les trois personnes sont reparties. L’un d’eux a été intercepté en soirée à Molenbeek. L’un est activement recherché. Quant au troisième…