Vidéo et infographies : le film des attentats à Paris et l’enquête

L’enquête sur les attentats de Paris vendredi, qui ont fait 129 morts selon un bilan provisoire, se déroule entre la France et la Belgique. Retour sur le film des événements.

En un coup d'oeil

Dix mois après les attentats djihadistes contre Charlie Hebdo, six attaques présumées terroristes quasi simultanées, dont des actions kamikazes, ont été menées à Paris et dans sa proche banlieuece vendredi soir, à partir de 21h30-22h00

- Au total, au moins 129 personnes ont été tuées et 352 personnes ont été blessées, dont au moins 99 le seraient grièvement

- Deux Liégeois figurent parmi les victimes. Un Franco-Belge a aussi perdu la vie.

- 7 terroristes présumés sont morts, dont six en se faisant exploser.

- L'État islamique a revendiqué les attentats. Le président français François Hollande évoque un «acte de guerre» de l'EI

- Deux assaillants ont été identifiés. La Seat noire utilisée pour les attentats a été retrouvée à Montreuil, avec des Kalachnikov à son bord.

- 6 gardes à vue dans l'entourage du kamikaze identifié

- Les terroristes auraient bénéficié d'aides venues de Molenbeek. Des perquisitions et des arrestations ont eu lieu dans cette commune bruxelloise. La commune va être visée par un plan spécial concernant la problématique de la radicalisation. Une instruction a été ouverte en Belgique du chef d'attentat terroriste. .

- Au total, sept personnes ont été interpellées dans le cadre de l'instruction belge.

- Deux des véhicules utilisés par les assaillants ont été loués en Belgique.

- Deux Français ayant résidé à Bruxelles figurent parmi les auteurs des attentats meurtriers de vendredi soir à Paris. Ils sont "décédés sur place" .

L’hypothèse de trois équipes de terroristes

La première équipe à frapper a été celle des kamikazes aux abords du Stade de France où le premier s’est fait sauter à 21H20, alors que le match était en cours. Les deux autres déclenchent leur ceinture explosive à 21H30 et 21H53.

Les informations de la presse américaine selon laquelle l’un d’eux aurait été en possession d’un billet ne sont étayées par aucun élément en l’état, selon des sources proches de l’enquête. Reste à savoir pourquoi l’opération a été déclenchée à ce moment, pendant le match, alors que les abords du Stade étaient quasi déserts. Des explosions après la rencontre, alors que la foule sortait du stade, auraient pu faire un carnage.

La deuxième équipe est celle de la salle de concert du Bataclan, où elle est entrée vers 21H40. Parmi eux, un Français de 29 ans, Omar Ismaïl Mostefaï. Trois assaillants y sont morts après l’assaut des forces de l’ordre.

Selon une source proche du dossier, la troisième équipe a sans doute mené les trois fusillades qui ont semé la mort dans des bars et restaurants du centre de Paris à 21H25, 21H32 et 21H36, en tirant plusieurs centaines de coups de feu. Un kamikaze s’est fait sauter à 21H40 dans un quatrième bar.

Question: cette équipe de tireurs est-elle composée des trois hommes arrêtés samedi en Belgique qui devraient rapidement être l’objet de mandats d’arrêt européens?

Jusqu’à une réponse affirmative à cette question, l’hypothèse d’assaillants dans la nature ne peut être exclue.

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La connexion syrienne

Les jihadistes partis en Syrie sont depuis 2012 la principale crainte des services antiterroristes. La France et la Belgique sont parmi les pays européens les plus concernés par ce phénomène.

Fiché par les services de renseignement français en 2010, mais passé sous les radars depuis, Mostefaï a très vraisemblablement séjourné en Syrie en 2014. En est-il revenu avec des instructions? En avril 2014, c’était vraisemblablement le cas d’un autre jihadiste français, Ibrahim Boudina, interpellé avant un possible projet d’attentat sur la Côte d’Azur.

Quid des autres auteurs présumés des attaques? A-t-on affaire à un commando de vétérans du jihad dans les zones irako-syriennes? Au Bataclan, les kamikazes ont évoqué l’Irak et la Syrie.

Les enquêteurs restent prudents sur le passeport syrien retrouvé au Stade de France. Le nom y figurant est inconnu des services antiterroristes français. Et une source proche de l’enquête reste prudente sur cette piste, affirmant qu’il restait à établir que le détenteur du passeport était bien un des kamikazes.

Les autorités grecques ont affirmé que des renseignements avaient été demandés pour deux Syriens qu’elles ont enregistrés comme réfugiés le 3 octobre. Ce chiffre de deux n’est pas confirmé par des sources proches de l’enquête, les policiers ayant un seul nom, affirme une source proche du dossier.

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Quelles complicités?

Les auteurs des attaques bénéficiaient d’armes, dont des kalachnikovs retrouvées dimanche dans une voiture Seat en banlieue de Paris. Il y a forcément un artificier impliqué, celui qui a confectionné les ceintures d’explosifs. Figure-t-il dans les morts? Des spécialistes, qui ne participent toutefois pas à l’enquête, en doutent.

L’enquête s’attachera aussi aux moyens financiers dont disposait le commando.

Enfin les commanditaires. Les attaques ont été revendiquées par l’Etat islamique qui n’a jamais assumé d’actions terroristes dont elle n’est pas à l’origine. Dans la plupart des actes terroristes récents ou des projets il y a trace d’échanges entre les auteurs et des interlocuteurs francophones en Syrie.

Cette enquête sur les complicités ne trouvera sans doute pas sa réponse dans les gardes à vue en cours de personnes de l’entourage de Mostefaï, qui semblait en rupture avec au moins une partie de sa famille.

Trois frères impliqués?

Trois frères sont impliqués dans l’enquête sur les attentats de Paris, a-t-on appris de sources proches du dossier.

L’un est mort dans les attentats, le deuxième est en garde à vue en Belgique sans que l’on sache s’il a participé ou non aux attaques, et les services sont sans nouvelles du troisième. Il pourrait être l’un des kamikazes ou être en fuite, selon ces sources.

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La coopération entre les services européens

C’est sans doute un des grands points faibles de l’antiterrorisme européen, et il semble avoir été bien identifié par l’EI qui a récemment appelé ses militants en Europe à frapper des pays voisins du leur, où ils sont moins susceptibles d’être connus et repérés.

L’enquête sur le carnage évité dans le train Thalys Bruxelles-Paris le 21 août a montré des faiblesses dans ces échanges d’informations entre services. Il est encore trop tôt pour savoir si cela a été le cas pour les auteurs des attentats de vendredi. Mais la question sera posée.

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