«Il a dit : "je n’ai plus d’amis"»

Un rescapé a vu la majorité de ses meilleurs amis se faire exécuter alors qu’ils étaient en terrasse rue Charonne.

Emmanuel Huet
«Il a dit : "je n’ai plus d’amis"»
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«Les 100 gros», un bistrot parisien du 11e arrondissement, au coin de la rue Sainte-Ambroise. Sur la porte du restaurant, une affichette a été posée: «fermeture indéterminée». Laurent, le patron figure au rang des victimes. Son voisin, un vendeur de kebab a rapidement compris ce samedi matin qu'un événement grave s'était produit. « Ce matin, j'ai vu que les tables étaient toujours dehors alors qu'il n'y avait pas de lumière à l'intérieur. J'ai regardé et j'ai vu que les verres et les assiettes n'étaient pas rangés: tout avait été laissé là.»

Vendredi soir, Laurent et son associé prenaient un verre en terrasse, rue Charonne. Ils étaient une dizaine. L'associé de Laurent se serait levé en direction du bar pour commander une autre tournée, c'est ce qui l'a sauvé, selon le vendeur de kebab. «Il m'a dit que tous ses copains ont été tués, qu'ils ont tous pris une balle. Il était en pleurs, il m'a dit 'je n'ai plus d'amis'.»

Lors de l'ouverture de son commerce, le vendeur de kebab a aussi été confronté à son voisin, ravagé par la douleur, habitant l'appartement au-dessus. «Il avait perdu son meilleur ami au Bataclan».