Deux spécialistes belges de la fin de vie soutiennent Nicolas Bonnemaison à la barre

«Il faut féliciter le Dr Bonnemaison plutôt que de le placer devant une cour d’assises»: deux médecins belges estiment que l’ex-urgentiste Nicolas Bonnemaison, jugé à Angers pour «empoisonnement» de patients en phase terminale, ne méritait pas d’être poursuivi.

Deux spécialistes belges de la fin de vie soutiennent Nicolas Bonnemaison à la barre
FRANCE-HEALTH-EUTHANASIA-MEDICINE-TRIAL ©AFP

Deux médecins belges ont estimé ce mercredi que l’ex-urgentiste français Nicolas Bonnemaison, jugé à Angers pour «empoisonnement» de patients en phase terminale, ne méritait pas d’être poursuivi.

«Il faut féliciter le Dr Bonnemaison plutôt que de le placer devant une cour d’assises», a lancé le Pr François Damas, chef du service de réanimation du CHR de Liège.

«La question n’est pas de savoir si on veut faire mourir le patient. La question est: puisqu’il meurt, il faut que ce soit dans de bonnes conditions», a insisté le Pr Damas.

Le spécialiste belge a exprimé son indignation face à la méthode d’arrêt des traitements. «Quand on laisse un enfant sans hydratation et alimentation, ça dure des jours et des jours», jusqu’à 18 jours parfois selon lui. «L’enfant ne souffre pas. Qui souffre? Les parents, c’est atroce», déclare le médecin. «Quand un enfant est sous respirateur et qu’on sait que c’est fini, on le ‘curarise’, comme ça, il n’a pas de mouvements anormaux et s’éteint doucement dans les bras de sa maman.»

«On ne fait pas mourir un mourant, mais nous sommes responsables de la manière. […] Nulle part on ne dit que les malades de Nicolas Bonnemaison sont morts dans de mauvaises conditions», a renchéri à la barre le Dr Dominique Lossignol, spécialiste en soins palliatifs à l’Institut Bordet de Bruxelles.

Acquitté en juin 2014 à Pau, Nicolas Bonnemaison est accusé de sept cas «d’empoisonnement» sur des patients âgés et incurables, dont le traitement était arrêté, dans son unité du Centre hospitalier de Bayonne. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

En 2010 et 2011, l’ex-urgentiste, 54 ans aujourd’hui, a reconnu avoir injecté des calmants puissants pour «aider ses patients à partir sans souffrances». Des injections effectuées de son propre chef, sans en informer les familles et l’équipe soignante, pour leur éviter des choix difficiles, explique-t-il.

Le verdict est attendu le 24 octobre.

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