Le Burundi s’embrase après la candidature du président à un 3e mandat

Deux manifestants ont été tués par balles à Bujumbura suite à des manifestations dans les rues de la capitale burundaise. Des heurts ont éclaté au lendemain de l’annonce de la candidature du président burundais sortant, Pierre Nkurunziza, à un troisième mandat controversé.

Le Burundi s’embrase après la candidature du président à un 3e mandat

Deux manifestants ont été tués pas balles dimanche à Bujumbura, alors qu'ils protestaient contre la candidature du président burundais sortant à un 3e mandat, ont rapporté des témoins.Selon des témoins, un manifestant a été tué dans le quartier de Ngagara et un autre dans celui de Musaga, où la police a fait usage de balles réelles pour disperser les manifestants.Le corps d'une des victimes a été laissé dans la rue, tandis que la Croix-Rouge a emporté celui de la seconde, ont ajouté plusieurs autres témoins.
Selon les médias locaux, plusieurs manifestants ont été blessés, ainsi que des policiers touchés par des jets de pierres.


"Nous avons appelé à des manifestations pacifiques et c'est bien ce qui se passait, mais la police et les milices du parti au pouvoir ont tiré à balles réelles sur les manifestants", a affirmé Frodebu Leonce Ngendakumana, un dirigeant de l'opposition.
Le ministre burundais de l'Intérieur Edouard Nduwimana a condamné ce qu'il a qualifié de "soulèvement à l'appel de certains hommes politiques et responsables de la société civile".
A l'approche du congrès formalisant la candidature du président sortant que l'opposition juge inconstitutionnelle, les autorités avaient interdit toute manifestation tandis que l'opposition avait appelé à manifester "pacifiquement" dès dimanche.

Plus tôt dans la journée et dans plusieurs quartiers de la capitale burundaise, de petits groupes de manifestants se sont formés malgré l’interdiction de toute manifestation par les autorités.

Un de ces rassemblements a opposé une centaine de personnes qui cherchaient à gagner le centre de Bujumbura aux policiers anti-émeute qui ont fait usage de leurs matraques pour riposter à des lancers de pierres.

Un des manifestants a expliqué à l’AFP que les échauffourées avaient été provoquées par l’arrestation d’un des leurs par la police.

«Nous avons tenté de libérer notre ami, c’est une manifestation pacifique, nous ne faisions que chanter nos slogans quand la police nous a chargés», a-t-il expliqué, sans vouloir être identifié.

Au moins deux policiers ont été blessés et deux jeunes manifestants arrêtés. Des policiers ont tiré des coups de semonce en l’air pour disperser la foule.

Des témoignages ont fait état d’incidents similaires dans deux autres quartiers de la capitale burundaise.

Malgré les interdictions, l’opposition avait annoncé son intention de manifester contre la désignation samedi par son parti du président burundais Pierre Nkurunziza comme candidat à un troisième mandat, jugé inconstitutionnel par l’opposition.

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