Le Yémen au bord de la guerre civile

Deux attentats suicides portant la marque d’al-Qaida, dont l’un a visé des chiites, ont fait au moins 67 morts jeudi au Yémen, pays empêtré dans une crise politique qui menace de se transformer en guerre civile.

À Sanaa, un attentat commis par un kamikaze portant une ceinture d’explosifs a visé un rassemblement de partisans des rebelles chiites sur la place Tahrir. Le dernier bilan, communiqué par le ministère de la Santé, fait état de 47 morts et 75 blessés. Il s’agit de l’attaque la plus sanglante depuis que le réseau extrémiste sunnite a menacé d’une guerre sans merci les rebelles chiites houthis du mouvement Ansaruallah qui se sont emparés de la capitale le 21 septembre. Dans le sud-est du pays, vingt soldats ont été tués et 13 autres blessés dans un attentat suicide à la voiture piégée, attribué par l’armée à al-Qaida.

L'aggravation des violences tombe au plus mauvais moment pour le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui n'a pas pu imposer le Premier ministre Ahmed Awad ben Mubarak qu'il avait nommé mardi. «Le risque» d'un conflit armé ouvert entre al-Qaida et les rebelles chiites «est grand et ne cesse d'augmenter», a déclaré à l'AFP April Longley, spécialiste du Yémen à l'International Crisis Group. «Al-Qaida a ouvertement appelé à davantage d'attaques et il faut s'attendre à en voir plus», a-t-elle souligné.