Union européenne: la présidence de la Commission sur la table à Paris

Des chefs d’Etat et de gouvernement, à gauche de l’échiquier politique européen, se retrouvent à Paris pour discuter de la future présidence de la Commission européenne.

Union européenne: la présidence de la Commission sur la table à Paris

Neuf chefs d’Etat et de gouvernement de la gauche européenne, dont le Premier ministre Elio Di Rupo, étaient réunis samedi à Paris pour fixer les conditions d’une nomination du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker (droite) à la présidence de la Commission, à quelques jours d’un sommet difficile de l’UE à Bruxelles.

La réunion, qui se tient à l’Hôtel Marigny, résidence des hôtes étrangers de la présidence française, a été précédée d’une rencontre bilatérale entre le président français François Hollande et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, qui sont ensuite arrivés ensemble.

Outre François Hollande, Matteo Renzi et le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel (SPD), étaient présents Helle Thorning-Schmidt (Danemark), Victor Viorel Ponta (Roumanie), Robert Fico (République slovaque), Bohuslav Sobotka (République tchèque), Joseph Muscat (Malte), Werner Faymann (Autriche), et Elio Di Rupo.

Anticiper un autre sommet...

François Holllande doit s’exprimer vers 13H00, tout comme Sigmar Gabriel, à l’issue de ce mini-sommet et à quelques jours du Conseil européen des 26 et 27 juin à Bruxelles.

La désignation d’un conservateur à la présidence de la Commission a pour contrepartie la nomination d’un social-démocrate pour succéder au président du Conseil, Herman Van Rompuy.

Plusieurs personnalités sont citées, dont Helle Thorning-Schmidt, l’ancien chef du gouvernement italien Enrico Letta ou l’ancien Premier ministre français Jean-Marc Ayrault.

Il s’agit de «préparer le sommet européen qui va prendre des décisions sur les orientations futures de l’Europe et sur les personnes qui vont diriger l’Europe», a indiqué le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, également présent.

Martin Schulz, ancien président du parlement européen où il préside désormais le groupe socialiste, devait se joindre à la réunion.

Au lendemain d’une réunion anti-Juncker

Cette rencontre de gauche intervient après une réunion des anti-Juncker de droite en Suède, réunissant le Premier ministre britannique David Cameron et ses homologues suédois et néerlandais, que la chancelière allemande Angela Merkel avait tenté de convaincre pour éviter un blocage au sommet de Bruxelles.

A Paris, la réunion doit aussi permettre aux dirigeants de gauche de se concerter sur leurs priorités en matière économique et sociale. «L’objectif est toujours de renforcer la dynamique en faveur de l’emploi, la croissance, l’investissement», explique-t-on dans l’entourage du président français.

Le cavalier Renzi

Mais il s’agit aussi de freiner le jeune chef du gouvernement italien Matteo Renzi, dont les exigences braquent le camp conservateur, a-t-on expliqué à l’AFP de source européenne.

Matteo Renzi exige un relâchement du Pacte de stabilité, limitant le déficit public des Etats de l’UE à 3% de leur PIB et leur dette à 60%. Il ne veut pas se retrouver en situation de quémander des délais à la Commission européenne.

Mais sa demande est «inacceptable pour ses partenaires européens», lui a assuré M. Van Rompuy lors d’une rencontre mardi à Rome, selon des sources italiennes. «Seuls les dirigeants européens peuvent changer les règles, et les conditions ne sont pas réunies», a-t-il expliqué.

La chancelière allemande Angela Merkel l’a confirmé mercredi, en rappelant à l’ordre Sigmar Gabriel, partisan d’exclure les coûts occasionnés par les réformes dans le calcul du déficit public, comme le demande Matteo Renzi.

La menace d’un cavalier seul de Matteo Renzi au sommet européen a conduit l’Elysée à élargir la réunion de samedi, transformée en «sommet informel» des dirigeants sociaux-démocrates, afin de définir une position commune.

Rallier 376 suffrages

Pour obtenir la présidence de la Commission, Jean-Claude Juncker doit être soutenu par la majorité des dirigeants européens et rallier au moins 376 suffrages sur son nom au Parlement. Sa nomination fait partie d’un paquet qui comprend également les postes de président du Conseil, de président du Parlement européen et de Haut représentant pour la politique étrangère.

Sur la nomination de Jean-Claude Juncker «à ce stade les jeux semblent être faits», relevait samedi le quotidien italien La Repubblica. Les dirigeants de gauche «n’ont plus qu’une carte à jouer: le choix du successeur de Herman Van Rompuy».

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