Forte percée de l’extrême droite

Sociaux-démocrates et conservateurs devraient se maintenir au pouvoir en Autriche. Malgré la montée en puissance de l’extrême droite.

Forte percée de l’extrême droite
Austria Elections ©Associated Press/Reporters

Le Parti social-démocrate autrichien (SPÖ) a remporté dimanche les élections législatives en totalisant 27,1% des suffrages exprimés, alors que son partenaire de gouvernement, le Parti populaire (ÖVP, conservateur), a récolté 23,8%, selon les résultats officiels provisoires annoncés par le ministère de l’Intérieur.

Le parti d’extrême droite FPÖ est arrivé en troisième position avec 21,4% des suffrages, alors que l’autre formation politique d’extrême droite BZÖ (3,6%) n’a pas atteint la barre des 4% pour rester au Parlement.

Deux nouveaux partis font leur entrée dans la chambre basse du Parlement autrichien: l’Équipe Stronach, du milliardaire eurosceptique austro-canadien Frank Stronach, obtient 5,8% des suffrages alors que les libéraux des NEOS ont réuni 4,8% des voix.

Ces résultats ne tiennent pas compte des votes par correspondance, une formule choisie cette année par près de 670 000 électeurs (soit plus de 10% des inscrits) qui ne seront définitivement publiés que le 4octobre. La répartition exacte des sièges ne sera connue qu’après l’annonce complète des résultats.

Les deux grands partis du centre devraient néanmoins pouvoir reconduire un gouvernement de coalition.

Mais le SPÖ et l’ÖVP enregistrent leur plus mauvais score depuis l’avènement de la 2e République, après l’effondrement en 1945 de la dictature nazie, alors que les Autrichiens ont privilégié depuis 68 ans les alliances entre ces deux formations, gage de stabilité dans le pays.

Le scrutin est marqué par la forte progression du principal parti d’extrême droite FPÖ, qui gagne plus de quatre points (20,7 à 21,5%), comparé aux 17,5% de 2008.

Le FPÖ de Heinz Christian Strache, qui a prêché «l'Amour du prochain» – à condition qu'il s'agisse d'Autrichiens -, a mené une campagne sans surprise, axée sur le rejet du centralisme de Bruxelles et des attaques contre les demandeurs d'asile et les immigrés.

L’équipe menée par le chancelier social-démocrate sortant Werner Faymann, dont ce sera le second mandat, peut pourtant se targuer d’un bon bilan économique, avec un taux de chômage contenu sous les 5%. Mais les nombreux scandales de corruption de ces dernières années et les querelles internes synonymes de paralysie des réformes ont lourdement pesé sur sa popularité.

Le nouveau petit parti libéral NEOS, pro-européen et soutenu par l’industriel autrichien du bâtiment Hans Peter Haselsteiner, crée de son côté la surprise en réussissant à passer la barre des 4% nécessaires pour entrer au Parlement (4,8 à 5,1%).

Les Verts, auteur d’une efficace campagne anti-corruption, enregistrent le meilleur score de leur histoire (entre 11,4 et 12,3%) des suffrages, mais en dessous des sondages qui les créditaient de 14 à 15%.