Catalogne: les nationalistes reculent face à la gauche indépendantiste

La coalition nationaliste conserve la majorité mais enregistre une baisse, tandis que la gauche indépendantiste connaît une forte poussée.

Catalogne: les nationalistes reculent face à la gauche indépendantiste
SPAIN-VOTE-REGIONS-CATALONIA ©AFP

Les électeurs catalans ont infligé un revers au président de la région Artur Mas lors des élections de dimanche pour renouveler le parlement, mais ont voté massivement pour les partis favorables à un référendum sur l’avenir de cette puissante région du nord-est de l’Espagne, selon un premier sondage.

La coalition nationaliste CiU (Convergencia i Unio) était créditée de 54 à 57 sièges sur les 135 députés du Parlement régional, contre 62 actuellement, loin de la majorité absolue espérée par Artur Mas, un nationaliste de droite qui défend le projet d’un «État souverain» en Catalogne.

En revanche, le parti historique de la gauche indépendantiste catalane, ERC, faisait plus que doubler le nombre de ses députés, avec 20 à 23 sièges contre dix, selon ce sondage diffusé par les télévisions catalane et espagnole.

ERC (Esquerra republicana de Catalunya) arrivait devant les deux grands partis traditionnels espagnols, le Parti populaire (PP), au pouvoir à Madrid, et le Parti socialiste (PSOE).

Ces résultats, s’ils se confirment, constituent un revers pour Artur Mas qui a promis un référendum dans les quatre ans sur l’avenir de cette région de 7,5 millions d’habitants, agitée par une forte poussée indépendantiste.

«Ce sont les élections les plus décisives de l'histoire de la Catalogne, dans lesquelles nous jouons tous un rôle comme pays, comme peuple», a lancé Artur Mas, en votant.

Nourri par la crise économique qui impose de lourds sacrifices sociaux, le mécontentement a éclos ces derniers mois dans cette région au fort caractère culturel et linguistique, réveillant de vieilles frustrations à l’égard de l’État espagnol.

La manifestation monstre, aux cris de «Indépendance», le 11septembre dernier à Barcelone avait convaincu Artur Mas de convoquer ces élections anticipées.

Face au refus de Madrid d’accorder à la Catalogne l’autonomie budgétaire accrue qu’elle réclame, le président de région avait fait le pari du conflit ouvert, espérant une majorité absolue pour soutenir son projet d’ «État souverain».

Le gouvernement conservateur espagnol, déjà accaparé par sa lutte contre la crise économique, se retrouve maintenant confronté à un autre défi majeur: si la perspective d’une éventuelle indépendance reste éloignée, il en va de la pérennité du modèle de l’autonomie régionale, l’un des fondements de la Constitution de 1978.