Une nouvelle direction conservatrice et âgée

Le Parti communiste chinois a annoncé jeudi la composition de la nouvelle équipe, vieillissante et conservatrice, appelée à diriger la deuxième puissance économique mondiale pour les cinq prochaines années. Il a, sans surprise, confirmé la nomination de l’actuel vice-président Xi Jinping au poste de secrétaire général du PCC en remplacement de Hu Jintao. Les nouveaux maîtres de la Chine semblent toutefois peu à même de prendre les mesures drastiques requises pour s’attaquer aux problèmes brûlants que sont la corruption, l’agitation sociale et la dégradation de l’environnement. Le nouveau Comité permanent du Bureau politique, l’instance suprême de direction du parti et donc du pays, est ramené de neuf à sept membres et sa composition est dominée par les conservateurs avec une moyenne d’âge de 63,4 ans.

Une nouvelle direction conservatrice et âgée
CHINA-POLITICS-CONGRESS ©AFP

Xi Jinping, l'actuel vice-Premier ministre, Li Keqiang et Wang Qishan, influent expert des questions économiques et financières aussi chargé de lutter contre la corruption, sont considérés comme des réformistes modérés. Mais les quatre autres nouveaux membres appartiennent à l'aile conservatrice du PCC. «On ne va pas assister à de nouvelles réformes politiques, parce qu'au sein du système il y a trop de gens qui les perçoivent comme une pente dangereuse», estime David Shambaugh, directeur des études chinoises de l'Elliott School of International Affairs à l'université George Washington.

La transition a été ternie par l’éviction de Bo Xilai, étoile montante du parti et puissant responsable local accusé d’abus de pouvoir, de corruption et d’autres crimes, dans le cadre du pire scandale à avoir touché la classe dirigeante chinoise depuis des décennies.