Le Caire sombre dans la violence, le vice-président va parler

La contestation continue de plus belle en Egypte. Ce jeudi après-midi, des milliers de manifestants hostiles au président Hosni Moubarak étaient maîtres de la place dans le centre du Caire. Une "déclaration importante" du vice-président est annoncée.

Après des accrochages d'une extrême violence mercredi et jeudi avant l'aube entre pro et anti-Moubarak sur la place Tahrir, des milliers de manifestants y étaient toujours massés alors que des heurts les opposaient par intermittence aux partisans du régime. L'armée, épine dorsale du régime, est par moments intervenue, tirant notamment en l'air, pour disperser les protagonistes.

Les jets de pierre et de cocktail molotov se multiplient. Des journalistes sont pris à partie. Un étranger a même été battu à mort. De nombreux blessés sont transportés vers des hôpitaux de campagne. Ces accrochages violents, les premiers depuis le début de la contestation le 25 janvier, ont fait au moins cinq morts et plus de 830 blessés, touchés par des pierres, des coups de couteaux et même des balles réelles, selon un bilan officiel.

"Déclaration importante"

Face à cette contestation incessante, la télévision d'Etat a annoncé une "déclaration importante" sous peu du vice-président Omar Souleimane qui a plus tôt affirmé que le fils de Hosni Moubarak ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre, deux jours après une annonce du président disant qu'il ne le serait pas lui-même non plus.
MISEAJOUR | Souleimane a finalement soutenu Moubarak appelant les manifestants à éviter le "chaos"

La communauté internationale, qui ne cesse d'appeler à l'arrêt des violences et à une transition immédiate et en douceur du pouvoir, continue d'aider ses ressortissants à quitter le pays, à la veille d'une nouvelle journée de manifestations massives baptisée, "le Vendredi du départ".

Hosni Moubarak, 82 ans, a annoncé mardi qu'il resterait au pouvoir jusqu'à la présidentielle de septembre pour assurer "une transition pacifique du pouvoir" qu'il détient depuis 29 ans. Il a créé un poste de vice-président et il a limogé l'ex-cabinet, mais cela n'a pas satisfait l'opposition. Il a présenté ses "excuses" et promis une enquête sur les heurts sanglants des dernières 24 heures, le pouvoir ayant été accusé d'avoir orchestré la manifestation de ses partisans qui se sont affrontés avec les protestataires.

Avec AFP

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