Le direct de la Coupe du Monde 2022 : jusqu’à deux minutes de retard sur les applis et les sites Auvio, Proximus Pickx, VOO…

La notion de direct est très relative avec la TV digitale en Belgique. Les « apps » et les sites web des opérateurs et des diffuseurs accusent un retard certain au moment de relayer les programmes et les rencontres du Mondial 2022.

Georges Lekeu
Application web et application mobile de direct TV Proximus Picxkx
Le site web ou l'application mobile d'un opérateur comme Proximus diffuse le direct d'une chaîne avec du retard et de la latence par rapport au décodeur TV. ©Capture d'écran

De Proximus Pickx à Auvio, les applications mobiles et les sites web des opérateurs et des diffuseurs belges sont pénalisés à l’heure de diffuser les matchs de la Coupe du Monde 2022 au Qatar. En ligne de mire : un retard certain (jusqu’à deux minutes !) du direct par rapport à ceux qui regardent les rencontres via un décodeur TV.

Prenons un exemple concret.

A la maison, vous suivez sur votre téléviseur et votre décodeur Proximus Pickx le duel du groupe C Argentine – Arabie Saoudite. 53e minute du jeu, le milieu de terrain Salem Al-Dawsari crucifie la défense sud-américaine pour donner l’avantage à ses couleurs (1-2). Vous bondissez de votre canapé.

Le magnifique but de l’Arabie saoudite pour prendre l’avantage contre l’Argentine (vidéo)

Dans la pièce d’à côté, votre ado ne comprend pas votre réaction. Sur son smartphone et l’application mobile Pickx, la diffusion du direct du même match accuse plus de trente secondes de retard, de décalage. Le but n’est pas encore tombé. C’est toujours le cafouillage devant le rectangle des équipiers de Lionel Messi.

Pour éviter les saccades et les interruptions

Comment expliquer cette latence ? Proximus rappelle l’importance de bien faire la différence entre le décodeur TV, branché sur la connexion Internet de l’opérateur, et les services OTT (over-the-top), comme les applis et les sites web des opérateurs et des diffuseurs, accessibles depuis n’importe quelle connexion.

« Il s'agit d'intégrer plus de sécurité et de correction de la qualité sur les OTT car les décodeurs sont dans ce que nous appelons un réseau contrôlé où nous pouvons garantir la bande passante disponible », explique Haroun Fenaux, porte-parole de Proximus. « Mais pour le streaming sur l'internet ouvert (ce qui est le cas pour les applications et le web), on doit adapter la façon dont on diffuse et mettre en mémoire tampon la vidéo pour qu'elle soit fluide dans tous les cas de figure. C’est la raison pour laquelle la différence peut atteindre 30 à 40 secondes. »

Pour le formuler autrement, le décodeur TV bénéficie via la box (modem) de l’opérateur d’une bande passante fixe et confortable. Il n’est donc pas nécessaire de stocker beaucoup d’images du direct en amont pour assurer une diffusion continue, sans interruption, sans saccade.

A contrario, un service OTT repose sur une connexion Internet au débit potentiellement irrégulier, instable. Pour réduire le risque de saccades, une quantité certaine d’images du direct est stockée préventivement. Bref, les trente à quarante secondes de décalage qui séparent le direct sur le décodeur TV Pickx de celui sur l’application Pickx sont étroitement liées au temps consacré au stockage de la vidéo dans la mémoire tampon.

Jusqu'à deux minutes de décalage

Selon les plates-formes, du décodeur VOO à l’application VOO TV+, du site web d’Auvio au décodeur Proximus TV, ce décalage peut grimper jusqu’à près de deux minutes de différence au profit des décodeurs, premiers sur la balle au moment de relayer buts et exclusions.