Utiliser son smartphone en vacances : les règles changent, voici les pièges à éviter

Bien que simplifié, l’usage du smartphone à l’étranger n’est pas sans danger. La fin du roaming n’écarte pas tous les risques de dérapage de la facture de l’abonnement mobile et de la carte SIM.

Georges Lekeu
Utilisation d'un smartphone à la plage et en roaming
Surfer, appeler et envoyer des SMS depuis l'étranger n'est pas toujours aussi simple que ce laisse penser la fin du roaming au sein de l'Europe décrétée en 2017. ©Adobe Stock - kitzcorner

Le monde des télécoms n’est pas un modèle de lisibilité à l’heure de vous expliquer dans quelles conditions vous pouvez utiliser votre carte SIM, votre abonnement mobile et votre smartphone à l’étranger. Le vocabulaire très spécifique manque généralement de clarté.

Premier exemple : il faut bien comprendre la différence entre roaming européen et tarifs internationaux pour éviter les mauvaises surprises sur la facture.

Deuxième exemple : la directive de l’Union européenne sur le roaming européen crée un cadre rassurant dans les pays l’Espace économique européen (EEE)… auquel n’appartiennent pas la Suisse, Monaco, Andorre, etc.

Pour voyager, téléphoner, envoyer des SMS et consommer de la data (3G/4G) en toute sécurité, on fait le point sur les principes de base, les risques majeurs et les changements qui entrent en vigueur le 1er juillet 2022.

Au menu

  1. C’est quoi le roaming ?
  2. L’exception du roaming européen
  3. Les pays où les frais de roaming européen sont supprimés
  4. Les pays et territoires européens où il faut être prudent avec le roaming
  5. Le danger du réseau capté près d’une frontière, en croisière, depuis une île…
  6. Le roaming au Royaume-Uni après le Brexit
  7. L’étrange logique des tarifs internationaux
  8. Le roaming dans le reste du monde
  9. Les avertissements pour éviter les grosses factures

1. C’est quoi le roaming ?

Le roaming, ou l’itinérance en français, désigne ces moments où la carte SIM d’un opérateur mobile emprunte le réseau d’un autre opérateur, pour les appels, les SMS, la data (3G/4G).

Il existe deux catégories majeures de roaming :

  • Le roaming européen.
  • Le roaming dans le reste du monde.

Les opérateurs se facturent mutuellement ces sessions de roaming et, sauf exception comme celle du roaming européen (voir ci-dessous), font payer en retour des frais de roaming à leurs clients pour cette occupation des réseaux concurrents.

2. L’exception du roaming européen

L’Union européenne (UE) a supprimé le 15 juin 2017 les frais de roaming européen. Ce qui vous permet d’utiliser votre carte SIM belge et votre abonnement mobile belge en Europe (voir liste ci-dessous) aux mêmes conditions que sur le sol belge.

Exemple :

  • Vous être titulaire d’un abonnement mobile Orange Go Light (11 € par mois, 150 minutes d’appel, SMS illimités, 2 GB de data).
  • Vous partez en week-end à Paris (France).
  • Vous appelez un numéro belge. Les minutes d’appel sont déduites de votre forfait mensuel.
  • Vous postez des photos sur Instagram via la 3G/4G. Le volume est déduit de votre quota mensuel de data.

3. Les pays où les frais de roaming européen sont supprimés

Les frais de roaming européens n’existent plus depuis le 15 juin 2017 dans les 30 pays de l’Espace économique européen (EEE).

On y retrouve les 27 pays de l’Union européenne :

Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et Suède.

Ainsi que :

L’Islande, la Norvège, le Liechtenstein.

4. Les pays et territoires européens où il faut être prudent avec le roaming

Andorre, la Suisse, Monaco, la Chypre du Nord, le Vatican, Saint-Marin ou encore les îles anglo-normandes de Guernesey, Jersey et Man sont des pays et des territoires européens qui ne font pas partie de l’Union européenne (UE) et/ou de l’Espace économique européen (EEE).

Sauf exception accordée par votre opérateur mobile, des frais de roaming (par minute d’appel entrants et sortants, par SMS envoyé, par MB de data) s’appliquent donc dès que vous utilisez votre carte SIM belge depuis ces contrées.

Exemple :

  • Vous êtes titulaire d’un abonnement mobile Base 10 GB (20 € par mois, appels et SMS illimités, 10 GB de data).
  • Vous partez en week-end à Genève (Suisse).
  • Vous payez 2 € par minute d’appel sortant, 0,65 € par minute d’appel entrant, 0,39 € par SMS envoyé, 3 € par MB de data.

Si vous prenez bientôt la direction d’une de ces destinations, vous pouvez vérifier sur le site de votre opérateur si elle fait l’objet d’une exception et d’une exemption des frais de roaming. Proximus ne les facture pas à Monaco et à Andorre par exemple.

5. Le danger du réseau capté près d’une frontière, en croisière, depuis une île…

Quand vous approchez d’une frontière, il n’est pas rare que votre smartphone et votre carte SIM optent automatiquement pour le réseau mobile du pays d’à côté. C’est un problème si jamais vous vous retrouvez connecté à votre insu à un pays pour lequel les frais de roaming sont d’application.

Premier exemple : il est courant de basculer sur le réseau d’un opérateur suisse lorsque vous êtes en Italie, à proximité de la frontière.

Deuxième exemple : sur certaines îles grecques, votre téléphone peut avoir tendance à privilégier un signal mobile originaire de la Turquie toute proche.

La prudence est également de mise en croisière. « En UE », explique Orange Belgique, « lorsque vous êtes sur un bateau lors d’une croisière, vos appels téléphoniques et vos connexions data utilisent des réseaux satellites, correspondant à une autre zone géographique que celle de l’Union Européenne. »

6. Le roaming au Royaume-Uni après le Brexit

Le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’Union européenne (UE) depuis le Brexit de janvier 2020. Proximus, Orange et Base appliquent toujours  la suppression des frais de roaming pour leurs clients qui se rendent en Angleterre, en Ecosse, aux Pays de Galles et en Irlande du Nord.

7. L’étrange logique des tarifs internationaux

Quand vous appelez un numéro en Europe depuis la Belgique et votre carte SIM belge, vous devez payer chaque minute en vertu des tarifs internationaux. Ce qui crée une situation hautement étrange et paradoxale :

  • Vous êtes en Belgique et vous appelez un numéro italien depuis votre carte SIM belge. Vous payez 0,23 € par minute.
  • Vous êtes en France et vous appelez ce même numéro italien depuis votre carte SIM belge. Les minutes d’appel sont déduites de votre forfait car l’appel est considéré comme du roaming européen.

8. Le roaming dans le reste du monde

L’usage de votre carte SIM belge et de votre abonnement mobile belge hors des 30 pays de l’Espace économique européen (EEE) est assimilé à du roaming dans le reste du monde. La minute d’appel sortant, le SMS envoyé et le MB de data (3G/4G) sont facturés au cas par cas, pays par pays, opérateur par opérateur.

9. Les avertissements pour éviter les grosses factures

L’Union européenne donne toute une série de directives aux opérateurs mobiles, qui doivent avertir leurs clients lorsque la facture s’alourdit sérieusement à cause de la consommation de data en roaming. Dès le 1er juillet 2022, ces directives seront plus strictes encore :

  • Dès que la consommation mensuelle de data atteint 60 €, le surf mobile est bloqué et le client reçoit un SMS d’avertissement.
  • Si le client fait les démarches pour dépasser ce premier cap, le surf mobile sera à nouveau bloqué une fois atteinte la barre des 121 € de data.