La fibre de Proximus passe un cap symbolique : un million de foyers et d’entreprises connectables

Proximus met les bouchées doubles pour déployer la fibre optique, son réseau Internet de nouvelle génération. Si l’opérateur télécoms vient de passer une barrière symbolique, il a besoin de pourvoir 3000 postes pour poursuivre activement ses opérations.

Georges Lekeu
Conférence de de presse Proximus
En raccordant l'Atomium, Proximus vient de franchir le cap du million d'habitations, de bâtiments et d'entreprises connectables au réseau de fibre optique. ©Photo News

Proximus vient de raccorder l’Atomium (Bruxelles) à la fibre optique à l’heure de franchir un cap symbolique ce lundi 27 juin 2022. Désormais, plus d’un million de foyers et d’entreprises belges sont connectables et en mesure de s’abonner au réseau Internet de nouvelle génération de l’opérateur télécoms. En ligne de mire pour les particuliers : une vitesse de pointe de 1 gigabit par seconde (1 Gbps) jusqu’à dix fois supérieure aux connexions standards.

« C’est fantastique », s’enthousiasme Guillaume Boutin, CEO de Proximus. « Quand on avait annoncé il y a trois ans notre intention de couvrir 70% du territoire d’ici 2028, on nous avait pris pour des fous. Aujourd’hui, nos équipes ajoutent une nouvelle connexion fibre toutes les quinze secondes. La vitesse de croisière est de 10% des foyers belges par année. »

22% de la Belgique couverte par la fibre fin 2022

Pour l’instant, la fibre de Proximus est disponible dans 50 villes et communes pour une couverture de 17% des foyers et des entreprises. Ce ratio grimpera à 22% d’ici la fin de l’année 2022. L’investissement prévu par le plan Fiber for Belgium est à la hauteur de ce chantier pharaonique : 5 milliards d’€.

« 3000 personnes travaillent dans la fibre et plus de 3000 postes sont ouverts », rappelle Guillaume Boutin. « C’est clair que c’est un challenge de trouver ces talents pour déployer notre réseau. Mais on y arrivera. Il va falloir mettre de l’énergie pour les dénicher. »

La question des zones blanches

Au-delà de l’échéance de 2028, l’objectif final reste de proposer le très haut débit sur 100% du territoire belge. Ce qui implique de faire disparaître les fameuses zones blanches, ces no man’s land au cœur desquels les connexions Internet sont prises en défaut, tant en termes de vitesse que de disponibilité.

« Pour parvenir à supprimer les zones blanches, pour connecter tout le monde, nous aurons certainement besoin de technologies nouvelles, de solutions inédites », analyse Petra De Sutter, ministre des Télécommunications. « Peut être que la fibre pourra apporter son aide, tout comme la 5G. Il faudra également peut être passer par des partenariats avec le privé. »

Telenet et VOO, les principaux concurrents

Le réseau de fibre optique de Proximus est un réseau ouvert, insiste le CEO Guillaume Boutin. Ouvert dans ce sens où d’autres opérateurs peuvent louer ces infrastructures pour proposer leurs services. « Aujourd’hui, 37 opérateurs ont déjà un accord avec Proximus pour utiliser ces réseaux gigabit », se réjouit l’ancien Belgacom.

Le gigabit, la connexion Internet à la vitesse de 1 gigabit par seconde (1 Gbps), c’est avant tout une lutte entre trois acteurs : Proximus à l’échelle nationale, VOO en Wallonie et à Bruxelles, Telenet en Flandre, à Bruxelles et dans la botte du Hainaut.

Titulaire d’un réseau hybride fait de fibre et de câble coaxial, Telenet est dans un fauteuil. À la suite de ses Grands Travaux du Réseau, l’opérateur propose la vitesse de 1 Gbps à 99,5% de ses clients depuis bientôt trois ans.

Propriétaire d’une infrastructure similaire, VOO propose le gigabit dans 25 communes wallonnes et 6 communes bruxelloises. Objectif d’ici fin 2023 : couvrir un Wallon sur deux.