Ce qu’il faut savoir sur le quatrième opérateur mobile belge : calendrier, ambitions, obligations…

Une coentreprise belgo-roumaine va déployer le quatrième réseau mobile de Belgique pour concurrencer ceux de Proximus, Orange et Telenet (Base). C’est la fin d’un marché mobile historiquement limité à trois opérateurs télécoms.

Georges Lekeu
Antenne mobile 4G 5G d'un opérateur télécoms
Construire un réseau mobile, pylône par pylône, est une tâche pharaonique qui attend le quatrième opérateur mobile belge. ©VITALIY PESTOV

Présentée en ligne sous le nom de Insky, une coentreprise fondée par le Belge Citymesh et le Roumain DIGI commencera prochainement à planter chez nous les pylônes et les antennes de son tout nouveau réseau 4G/5G. Les deux partenaires de cette « joint-venture » deviendront à terme le quatrième propriétaire d’un réseau mobile en Belgique, en marge de ceux de Proximus, Orange et Base (Telenet). Les premières annonces d’emploi seront bientôt en ligne.

Même si le chemin s’annonce long et tortueux, c’est la promesse d’une concurrence accrue dans le monde des services mobiles, avec ce passage historique de trois à quatre opérateurs orientés grand public. En interne, Citymesh se concentrera sur le marché professionnel (B2B), son partenaire DIGI sur celui des particuliers (B2C) via une gamme d’abonnements mobiles et de cartes SIM. Quand, comment, à quelle échéance ? On fait le point.

114 millions d’€ investis dans les fréquences

L’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT) vient de boucler la phase principale des enchères du spectre radioélectrique, ces bandes de fréquences qui constituent la base d’un réseau mobile. Durée des licences octroyées : 20 ans.

Dans l’ombre des colosses Proximus, Orange et Telenet (Base), Citymesh Mobile SA a investi 114 millions d’€ dans cette procédure à l’heure de faire main basse sur des fréquences exploitables « tant pour la 5G que pour les applications 2G, 3G et 4G », dixit l’IBPT. C’était une volonté politique. Les arrêtés royaux qui fixent les conditions des enchères laissaient volontairement une porte ouverte à un potentiel quatrième opérateur et Citymesh s’est engouffré dans la brèche.

Propriétaire des radiofréquences, l’Etat belge se frotte les mains. La mise aux enchères vient de générer 1,2 milliard d’€ de revenus, soit 468,5 millions de plus que le prix d’entrée fixé.

Sur les réseaux concurrents en attendant mieux

Posséder des licences du spectre radioélectrique est une chose, mais il faut des pylônes et des antennes pour les exploiter. Construire un réseau mobile de A à Z, c’est un chantier colossal, chronophage. C’est pour cela que des dispositions sont prévues pour permettre à un nouvel acteur de proposer ses services mobiles à l’échelle nationale bien avant la fin du chantier.

Concrètement, dès que son réseau atteindra une couverture d’au moins 20% de la population belge, le couple Citymesh / DIGI pourra négocier des contrats d’itinérance nationale « avec un ou plusieurs opérateurs existants », rappelle l’IBPT. Ces contrats permettront au quatrième opérateur de louer les réseaux de Proximus, Orange et Telenet (Base) dans les zones qu’il ne couvre pas encore. « Un opérateur peut cependant introduire une requête avant d’avoir atteint une couverture de 20 % », souligne le gendarme des télécoms.

Si les négociations entre opérateurs échouent, l’IBPT est en mesure d’imposer le principe de l’itinérance nationale aux trois grands (Proximus, Orange, Telenet). « L’IBPT ne peut cependant imposer l’itinérance nationale comme mesure qu’après avoir constaté que les négociations commerciales à cet égard entre les opérateurs n’aboutissent pas à un accord dans un délai raisonnable. »

« Le meilleur réseau du pays »

Loin de déjà imaginer un éventuel scénario conflictuel, Citymesh fait preuve de grandes ambitions. « Notre objectif est de construire le meilleur réseau 4G/5G du pays et le plus performant », s’enthousiasme Mitch De Geest, PDG de Citymesh. « Comme nous partons d’une feuille blanche, nous sommes en mesure de profiter des avancées technologiques de la 5G dès le début et pouvons planifier le déploiement de manière optimale. »

Les premières offres commerciales de ce nouvel acteur arriveront en 2023.