Orange lance un nouveau décodeur pour "réinventer l’expérience TV"

Orange Belgique mise sur un nouveau décodeur Android TV pour décupler les possibilités de son service de TV digitale.

Georges Lekeu
Orange lance un nouveau décodeur pour "réinventer l’expérience TV"
Le nouveau décodeur TV d’Orange est accompagné d’une nouvelle interface, «vraiment réfléchie du point de vue du client», insiste Christophe Dujardin, Chief Consumer Officer (CCO) de l’opérateur. ©Orange

L'arrivée d'un décodeur TV qui rompt les habitudes et s'adapte aux nouveaux usages est un événement rare pour un opérateur télécoms. Après Proximus en septembre 2020, c'est au tour d'Orange Belgique de lancer un nouveau boîtier animé par le système d'exploitation Android TV. Basé sur des standards d'hier, l'ancien appareil de mars 2016 va être progressivement remplacé.

Ce virage rappelle que la mutation de l’ex-Mobistar d’opérateur exclusivement mobile en opérateur convergent (mobile et fixe) qui pèse sur le marché belge est quasiment bouclée. Seule pierre qui manque à l’édifice: l’officialisation du rachat de VOO par les autorités de la concurrence belges et européennes.

400 000 clients convergents

En attendant cette échéance qui permettra à la filiale belge du groupe Orange de bénéficier de son propre réseau câblé en Wallonie, "nous sommes fiers de franchir la barre des 400 000 clients convergents", se réjouit Christophe Dujardin, Chief Consumer Officer (CCO). "C'est une augmentation de 21%, de 60 000 clients en un an." L'abonné convergent est celui qui marie sur une même facture services mobiles (cartes SIM) et fixes (Internet, TV, téléphone). Jusqu'à nouvel ordre, Orange Belgique doit louer le câble de VOO en Wallonie et de Telenet en Flandre pour proposer du fixe.

 La nouvelle interface permet notamment d’accéder facilement aux enregistrements, qui ne sont plus stockés sur disque dur, mais dans le cloud et les serveurs d’Orange.
La nouvelle interface permet notamment d’accéder facilement aux enregistrements, qui ne sont plus stockés sur disque dur, mais dans le cloud et les serveurs d’Orange. ©Orange

Christophe Dujardin, qu’apporte le nouveau décodeur TV d’Orange?

Nous lançons bien plus qu’un décodeur. Nous avons l’ambition de réinventer l’expérience TV, d’offrir à nos clients un choix de contenus le plus large possible. L’écosystème Android TV permet d’intégrer de nombreuses fonctionnalités, comme les applications natives des producteurs et des éditeurs de contenus. La nouvelle interface présente ainsi de manière très frontale les "apps" des acteurs nationaux comme RTBF Auvio et RTL Play. Niveau international, nous proposons déjà Amazon Prime Video, assorti d’une possibilité d’un mois d’abonnement gratuit. Ce n’est pas tout. Notre nouveau décodeur est doté d’un Chromecast pour diffuser des contenus sur le téléviseur via le smartphone. Les programmes sont désormais enregistrés dans le cloud d’Orange, ce qui permet de les consulter sur toute une série de supports fixes et mobiles. Il est également possible de contrôler le décodeur par la voix.

Qu’en est-il de l’application Netflix?

Elle n’est pas encore là, mais nous y travaillons. J’espère qu’elle arrivera dans les prochains mois. Nous avons conscience que nos clients nous la réclameront rapidement. Ce sont des partenariats qui se construisent, surtout avec des partenaires internationaux comme Netflix. Nous essayons d’installer un maximum d’éditeurs de contenus, nous allons régulièrement enrichir l’offre dans le futur.

Comment va se dérouler le déploiement du nouveau décodeur?

Il est distribué dès cette semaine aux nouveaux clients. Nous initions simultanément un programme de remplacement pour les clients actuels. Ça prendra du temps, à cause des pénuries mondiales de puces électroniques qui font que les quantités de boîtiers sont un peu plus faibles qu’espéré. L’ambition est évidemment de remplacer à terme tous les anciens décodeurs par des nouveaux, dans une échéance de dix-huit à vingt-quatre mois.

 «Il était important à nos yeux que les acteurs nationaux comme Auvio de la RTBF et RTL Play soient facilement accessibles depuis l’interface principale du décodeur», témoigne Christophe Dujardin.
«Il était important à nos yeux que les acteurs nationaux comme Auvio de la RTBF et RTL Play soient facilement accessibles depuis l’interface principale du décodeur», témoigne Christophe Dujardin. ©Orange

Est-ce que ce boîtier Android TV deviendra le nouveau décodeur de VOO une fois le rachat acté?

C’est beaucoup trop tôt pour évoquer un tel scénario. Ça ne fait pas partie de nos réflexions. Nous ne sommes pas encore propriétaire de VOO. Nous attendons le feu vert des autorités de la concurrence, en Belgique et au niveau européen. Il est prématuré de penser à quoi que ce soit, de penser à l’avenir de ce produit et de tous les autres produits VOO.

Pour quand espérez-vous ce feu vert?

Dans nos ambitions, fin de l’année, début de l’année 2023. Entre-temps, VOO reste notre concurrent. Mais c’est clair qu’une fois le rachat acté, ça nous permettra de passer à la vitesse supérieure en termes d’infrastructures, pour se hisser presque à égalité avec les autres opérateurs de réseaux du pays. Ça changera fortement la donne.

Est-ce que vous craignez de devoir augmenter les tarifs d’ici fin de l’année, après les augmentations de janvier 2022?

Le contexte est ce qu’il est, entre les coûts de l’énergie, l’inflation des prix à la consommation, l’augmentation des tarifs de gros que nous payons aux opérateurs câblés pour proposer des services fixes. Notre objectif reste dans tous les cas d’offrir le meilleur produit et le meilleur service au meilleur prix. Ce qui passe le plus souvent possible par une augmentation du contenu ou de la vitesse, comme lorsque nous avons amélioré de 50% la vitesse des connexions Internet en janvier en marge de l’adaptation des prix que nous avons jugée nécessaire vu le contexte inflationniste. Est-ce que je peux m’engager sur la suite de l’année? Non, c’est trop tôt. C’est un sujet qui nous préoccupe fortement, pour lequel comme pour l’ensemble des sociétés et des consommateurs du pays, nous subissons de fortes augmentations dans de nombreux sujets.