Izera: la Pologne fait le choix des Chinois pour s’électrifier

Alors que l’Europe et ses constructeurs automobiles disposent de technologies adaptées, la Pologne a décidé de se tourner vers la Chine pour fournir à sa nouvelle marque Izera une plateforme électrique. Une décision qui fait débat...

Stéphane Monsin
 Une berline et un SUV: les futures voitures électriques polonaises seront un peu chinoises.
Une berline et un SUV: les futures voitures électriques polonaises seront un peu chinoises.

Vingt ans après la disparition de la FSO Polonez, dernière voiture polonaise de grande série, la Pologne s’apprête à lancer un nouveau constructeur automobile, baptisé Izera. Teasé depuis plusieurs mois déjà, il est encore en phase de développement. Il produira dans un premier temps un SUV et une berline 5 portes 100% électriques. Et quand vient le choix de choisir la technologie, la Pologne a choisi la Chine plutôt que l’Europe...

La Chine, championne de l’électrique

C’est en effet avec le constructeur chinois Geely qu’Izera a décidé de s’associer. Le partenariat portera sur la fourniture d’une plateforme 100% électrique pour les futurs modèles polonais. Une décision qui surprend, à l’heure où l’Europe commence à mesurer les menaces que représente la Chine dans le secteur automobile. Stellantis, Volkswagen ou Renault n’ont-ils pas de plateformes ou de technologies adaptées? En cherchant à tout prix à contenir ses coûts, on en vient à tendre trop facilement la main vers la Chine, et l’Europe perd petit à petit sa souveraineté industrielle.

 L’Europe perd peu à peu sa souveraineté industrielle.
L’Europe perd peu à peu sa souveraineté industrielle.

Le Vieux Continent a déjà prévu d’importer 800 000 voitures chinoises d’ici 2025. La Pologne n’est pas la seule dans ce cas-là, et quand il s’agit d’électrique, beaucoup de pays lorgnent sur la Chine et sur les technologies chinoises. Seul un protectionnisme de notre marché automobile, qui privilégierait les produits conçus et/ou assemblés en Europe, pourrait contrecarrer ces ambitions chinoises un peu trop envahissantes. Mais comme sur beaucoup d’autres sujets, quand l’Europe brûle, la Commission regarde ailleurs...