Les syndicats de Mestdagh déposent un préavis de grève: « Ça va être le bazar »

Les syndicats du groupe de supermarchés Mestdagh ont déposé un préavis de grève, qui expire le 1er décembre, annoncent-ils en front commun jeudi, au lendemain d’une réunion avec la direction relative au rachat de l’entreprise par le groupe français Intermarché à partir du 1er janvier 2022.

 D’ici à la fin du préavis de grève le 1er décembre, toutes les actions, quelles qu’elles soient, seront couvertes, préviennent les syndicats.
D’ici à la fin du préavis de grève le 1er décembre, toutes les actions, quelles qu’elles soient, seront couvertes, préviennent les syndicats. ©BELGA

Des représentants syndicaux tiennent en outre, depuis jeudi matin, un piquet devant la centrale Mestdagh de Gosselies, où plus aucun camion ne rentre ni ne sort. Plusieurs magasins ont décidé de fermer leurs portes.

La semaine dernière, l’Autorité belge de la concurrence avait approuvé le rachat du groupe Mestdagh par Intermarché, annoncé en mars dernier. L’objectif est de faire passer l’ensemble de ses points de vente sous pavillon Intermarché début janvier 2023, avait alors indiqué Mestdagh dans une réaction.

Intermarché (sous la société ITM AB) compte 77 points de vente en Belgique, sous enseigne "Intermarché" et Mestdagh exploite actuellement 89 points de vente sous les enseignes "Market" et "Express" de Carrefour en vertu d’un contrat de franchise conclu entre Mestdagh et Carrefour Belgium. Ce contrat de franchise, qui court jusqu’au 31 décembre prochain, a été résilié par Mestdagh en décembre 2021.

Une réunion a eu lieu mercredi entre syndicats et direction pour évoquer les conséquences de ce rachat. "Intermarché ne veut pas nous parler alors que plus aucun ‘supposé obstacle’n’existe et ne comprend pas pourquoi le personnel Mestdagh s’inquiète’", s’étonnent jeudi le Setca et la CNE. Le groupe français ne viendra pas à la table avant courant janvier, leur a-t-il été répété par email interposé.

Mestdagh, de son côté, dit ne rien savoir à partir de janvier, s’inquiètent les syndicats socialiste et chrétien, qui dénoncent le non-respect de certains accords signés. "Aucune projection correcte pour permettre une charge de travail viable aux fêtes", relèvent-ils notamment.

"Avant le 31 décembre, ça va être le bazar sous la direction Mestdagh, et après c’est Intermarché, mais ils ne veulent rien expliquer !", résument Setca et CNE, dénonçant le manque de respect des deux entreprises pour les travailleurs.

D’ici à la fin du préavis de grève le 1er décembre, toutes les actions, quelles qu’elles soient, seront couvertes, avertissent les syndicats. La première est déjà en cours à la centrale de Mestdagh à Gosselies, près de Charleroi, où un piquet a été installé à l’entrée du site. Environ 60 à 80 personnes y sont présentes. En conséquence, "aucun camion ne rentre ni ne sort", explique Evelyne Zabus, secrétaire permanente à la CNE.

Entre six et dix magasins, principalement dans le Hainaut et en région liégeoise, ont par ailleurs fermé leurs portes quand leur personnel a été informé de la situation et de l’action en cours à la centrale de Gosselies. "Les travailleurs en ont ras-le-bol de cette situation et on ne peut pas exclure que ces magasins, voire d’autres, restent fermés dans les jours à venir", a prévenu la syndicaliste.

"Tout cela est intolérable à un mois et demi de la reprise !", fustige encore Evelyne Zabus, demandant des éclaircissements sur ce qui se passera après le 1er janvier, notamment en ce qui concerne la franchise.

Contactée, la direction de Mestdagh tient à rassurer les travailleurs, dont elle assure comprendre l’inquiétude. Selon elle, rien ne changera dans les conditions de travail et salariales après le Nouvel An. Seul l’actionnariat du groupe Mestdagh sera modifié, insiste-t-elle.

Le dialogue social actuel pourra donc se poursuivre comme c’est le cas actuellement, souligne-t-on. Quant au groupe Intermarché, il attend le 3 janvier et la clôture officielle de la transaction pour rencontrer les syndicats, explique-t-on chez Mestdagh.

Le changement d’enseigne, de Carrefour vers Intermarché, aura, lui, lieu dès le 1er janvier. Les préparatifs à cet effet sont en cours dans les magasins. Le personnel est en train d’y être formé et le matériel informatique, commun au groupe français, en train d’être installé. Les magasins ne vendront plus non plus de produits du distributeur Carrefour à partir du 1er janvier, laissant la place à ceux d’Intermarché.