Pénurie de la Nintendo Classic Mini: voici quand les magasins seront livrés… en petites quantités

Le planning des livraisons de la petite console s’annonce anémique et chaotique.

Georges Lekeu
Pénurie de la Nintendo Classic Mini: voici quand les magasins seront livrés… en petites quantités
Malgré les livraisons promises par Nintendo, la petite réplique de la NES de 1985 devrait se faire très rare d’ici la fin de l’année. ©Capture d’écran

Introuvable depuis sa sortie le samedi 12 novembre, la Nintendo Classic Mini NES (59,99€) sera-t-elle de retour à temps pour les fêtes de fin d'année?

La Nintendo Classic Mini Nintendo Entertainment System (NES), c'est la réplique miniature de la console à succès de 1985, équipée par défaut de 30 jeux.

+ Cliquer ici pour lire : Pénurie de la Nintendo Classic Mini, engouement historique ou bourde de Nintendo ?

«Des livraisons sont prévues jusqu'à la fin de l'année, Nintendo fait de son mieux», assure Veerle Van der Jeugt, porte-parole de Nintendo Benelux.

«Des réassorts sont prévus par Nintendo la semaine prochaine et juste avant les fêtes», confirme David Kauffman, porte-parole des magasins Smartoys.

L'optimisme prudent est également de mise dans les rangs de Carrefour.

«Ça va venir au fur et à mesure», avance timidement le service de presse. «Nous attendons des livraisons par vague.»

Le calendrier: «Il y aura des déçus»

Concrètement, des livraisons de la machine tant convoitée sont prévues:

- Cette semaine (21 au 25 novembre)

- La semaine du 5 au 9 décembre

- La semaine du 12 au 16 décembre

- La semaine du 2 au 6 janvier 2017

En quelles quantités?

C’est là que la mécanique se grippe plus que jamais.

«Le produit est très attendu pour Noël», annonce Veerle Van der Jeugt (Nintendo Benelux).

«La demande est plus grande que l’offre. Même si des stocks seront libérés d’ici la fin de l’année, tout le monde ne sera pas servi. Il y aura des déçus.»

«La pénurie va progressivement se résorber, mais pas complètement», confirme David Kauffman (Smartoys).

«Je m'attends à recevoir… une console à la prochaine livraison», regrette Johnny Reina (Player), propriétaire de deux boutiques de jeux vidéo à Liège.

Une seule console au lancement

Expert du retrogaming, la collection des anciens jeux et des anciennes consoles, le Liégeois est résigné.

Le jour de la sortie, le 12 novembre, «j'ai reçu une et une seule Nintendo Classic Mini, alors que j'en avais commandé 75 auprès de mes grossistes dès l'annonce du produit en juillet», se souvient-il.

«J’ai poussé une gueulante comme mes clients s’énervaient et j’en ai reçu dix dans la foulée. Pas de quoi satisfaire les 36 précommandes enregistrées.»

Avec… zéro console reçue depuis ce funeste week-end, le commerçant liégeois fait face à la frustration des consommateurs.

«Certains sont très compréhensifs, d'autres sont plus teigneux et agressifs», explique Johnny Reina.

«Confrontés à cette pénurie, il faut comprendre que les consommateurs ne sont pas fâchés sur Nintendo, mais sur les petits revendeurs, accusés de profiter de la situation pour s’enrichir. Or, le but de Nintendo dans le cas présent n’est pas de vendre des consoles mais de faire le buzz.»

Faire parler de la marque et faire monter l'impatience, « c'est la spécialité de Nintendo», renchérit David Kauffman.

«Ils ont savamment orchestré la montée en puissance du phénomène. Ils savaient que la demande allait monter crescendo. Mais ils sont malgré tout dépassés…»

«Nintendo n’aime pas les petites boutiques»

À l’heure de gérer des livraisons sporadiques et microscopiques, deux écoles s’opposent.

Certains magasins zappent désormais l'existence du produit en annonçant sa disponibilité pour 2017.

Sur son site, la chaîne des boutiques Broze joue cartes sur table.

«Nous sommes désolés, mais suite à l’engouement important sur cet article nous n’avons plus de stock disponible avant 2017. Il est possible de réserver (avec acompte) en magasin mais le délai sera donc très long.»

Sur les sites de DreamLand et MediaMarkt, le produit n'est carrément plus référencé.

Aux antipodes de cette décision radicale, d'autres enseignes ouvrent très temporairement de toutes petites périodes de réservation, quitte à entretenir un espoir bien vain.

Sur les réseaux sociaux, les messages fusent pour annoncer des réservations possibles sur Amazon ou le site de la FNAC, déjà fermées le temps que la «bonne» nouvelle se répande.

Pour les petites boutiques, contraintes de travailler avec des grossistes, la situation est plus compliquée encore.

«Nintendo n'aime pas les petites boutiques», regrette Johnny Reina (Player). «J'aimerais travailler en direct avec eux mais ils ne sont pas intéressés. C'est d'autant plus décevant que les petits détaillants continuent de mettre en avant la Nintendo Classic Mini, contrairement aux grands magasins.»

Un marché dérégulé

David Kauffman est formel.

La sortie de la Nintendo Classic Mini déséquilibre le marché du jeu vidéo.

«La machine focalise l'attention des clients, qui se détournent des gros jeux qui sont sortis en novembre», regrette le porte-parole des boutiques Smartoys.

Au premier rang des victimes: Watch Dogs 2 et Dishonored 2, «dont les ventes ne sont pas conformes aux excellentes critiques récoltées par ces deux jeux.»

«Le marché est dérégulé», analyse David Kauffman. «La petite machine de Nintendo présente un prix attractif. Trente jeux pour 60€, soit 2€ le jeu, c'est le raisonnement appliqué. Mais c'est 2€ le jeu ancien, loin de ce que propose un titre pour la PlayStation 4 ou la Xbox One.»