Les 5 conseils pour photographier les orages

Les éclairs qui déchirent le ciel constituent un spectacle unique pour le photographe préparé à capter ces conditions extrêmes.

Georges Lekeu

Entre l'invasion des cumulonimbus et les cieux déchirés par les éclairs, l'orage est un incroyable spectacle naturel à fixer sur pellicule.

Les spécialistes de la discipline délivrent des clichés d’une beauté sauvage à couper le souffle.

À condition de disposer d'un reflex ou d'un compact «expert», photographier le phénomène vous-même est loin d'être une mission impossible.

La clé pour déjouer les caprices de Dame Nature: appliquer la technique rigoureuse et particulière adoptée par les chasseurs d'orages.

1. Le mode manuel

À l’heure de vous frotter aux conditions extrêmes de l’orage, écartelées entre la luminosité soudaine et puissante des éclairs et l’obscurité générée par les nuages, il est indispensable de prendre totalement le contrôle sur les paramètres de votre appareil photo.

Sur la molette de réglage, optez pour le mode M, pour manuel.

Cette configuration vous autorise à gérer librement la pose (le temps pendant lequel le diaphragme de l’objectif reste ouvert), l’ouverture (la quantité de lumière qui entre dans l’objectif) et la sensibilité du capteur.

2. Le trépied

Quelles que soient les conditions, votre appareil photographique se doit d’être aussi stable que possible, voire immobile dans un monde parfait.

Comme la pose (le temps d’ouverture du diaphragme de l’objectif) sera très longue, les mouvements et les vibrations seront sans pitié, en injectant du flou aux quatre coins de l’image.

Oubliez définitivement la photo à main levée et optez pour un trépied robuste.

À défaut de pied, vous pouvez tenter de déposer votre boîtier sur une surface fixe et sûre, comme le large rebord d’un pont.

Le plus du pro

Dans l'idéal, «il faut utiliser un pied lourd et costaud, capable de résister aux vibrations et aux rafales», insiste le chausseur d'orages Christophe Suarez. C'est l'intégrité de votre matériel, susceptible de tomber au sol après un vent trop violent, qui est en jeu. «Perso, j'utilise des trépieds en bois. Ça peut faire sourire, mais ce matériau noble ne transmet pas les vibrations.»

Au moment de déclencher, un déclencheur filaire réduira plus encore les risques de micromouvements impromptus.

3. La sensibilité

Plus le réglage de la sensibilité (exprimé en ISO) est faible, plus le capteur photographique a besoin de temps pour «imprimer» la lumière sur le cliché en construction.

Comme la pose (le temps d’ouverture du diaphragme) sera longue, il est nécessaire que la sensibilité soit basse afin d’hériter d’une image correctement exposée et pas «brûlée» par un excès de lumière.

«J'oscille entre un réglage de 100 ISO et 400 ISO si jamais l'orage est très lointain», indique Christophe Suarez.

Si l’orage est lointain, les éclairs seront moins lumineux et un capteur réglé sur une sensibilité plus élevée sera nécessaire pour en capter efficacement la trace fugace.

4. La pose

C’est une évidence: il est impossible de déclencher brusquement lorsque vous sentez que les éclairs vont crucifier le ciel.

Le phénomène est trop rapide, même pour les réflexes d’un photographe aguerri.

La seule solution: déclencher en gardant le diaphragme ouvert pendant de longues secondes, en espérant que les éclairs se manifestent pendant cet intervalle.

Même si cela va à l'encontre de vos usages habituels, adoptez un temps de pose (la vitesse) oscillant entre 10 et 30 secondes.

«10 secondes seront adaptées à un paysage très éclairé, 30 à un paysage sombre», analyse Christophe Suarez.

5. L’ouverture

L’éclair est un phénomène aussi lumineux que fugace.

Si jamais le diaphragme de l’objectif est trop généreusement ouvert, il captera trop de lumière associée au phénomène lorsqu’il s’invitera fugitivement au cours de la longue pose programmée. Les contours de l’éclair seront noyés dans une purée de luminosité excessive.

Si les éclairs sont lointains, optez pour une grande ouverture du diaphragme de f/2,8 à f/4.

Plus ils sont proches, plus il faut fermer le diaphragme, jusqu’à f/10.

Le rappel du pro

«Le réglage de la pose, c'est avant tout pour exposer correctement le paysage environnant», synthétise notre expert, Christophe Suarez.

«Le réglage de l’ouverture, c’est pour les éclairs.»

La sécurité avant tant

Habitué à chasser les orages en Haute-Savoie, dans le sud de la France ou encore dans le golfe de Gênes, le photographe français Christophe Suarez insiste sur les mesures de prudence à constamment garder à l'esprit.

«Mon premier conseil, c’est de rester près de son véhicule. Même si la foudre tombe à proximité, on sera quelque part protégé. Dans ce cas de figure, le courant serait dévié par la structure métallique. Attention toutefois, en cas d’inondations, la voiture peut être a contrario un piège mortel. Il faut éviter de prendre des risques, comme vouloir à tout prix traverser un gué.»

«Mon deuxième conseil concerne les précipitations. Dès que vous sentez la chute de grosses gouttes froides qui viennent de très haut, c’est que l’orage est au-dessus de vous.»

Il est alors temps de prendre ses distances!

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