Les invests wallons contestent les résultats de l’UWE

Le président de Meusinvest, Jean-Michel Javaux, et le directeur général, Gaëtan Servais, se sont étonnés jeudi dans un communiqué des résultats de l’étude menée par l’Union wallonne des Entreprises (UWE) concernant les invests wallons, publiée par notre journal ce jeudi.

Les invests wallons contestent les résultats de l’UWE

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Meusinvest - l'un des outils financiers de proximité destinés à soutenir les PME dans l'investissement à risque- estime notamment que les chiffres relatifs aux trésoreries des invests retenus par l’UWE ne sont pas corrects. «En effet, pour Meusinvest le montant de 117 millions d’euros est cité. Un montant qui prend en compte les importants fonds européens (Feder) alors qu’ils sont en fait capitalisés (60 millions d’euros) et seront intégralement investis durant la période de programmation. D’autre part, l’UWE ne tient pas compte des prêts décidés mais non encore exécutés (en dehors des fonds européens), soit 14 millions d’euros», précise Meusinvest.

Meusinvest insiste sur le fait que les chiffres cités par l’UWE s’arrêtent en 2011. «Or, depuis cette étude, Meusinvest a déjà investi pas moins de 80 millions d’euros (en 2012 et 2013) au bénéfice des PME liégeoises. Ce qui prouve bien la dynamique de soutien de notre outil.»

Le groupe Invest Mons-Borinage-Centre (IMBC) a également contesté dans un communiqué les informations contenues dans l’étude.

Cette dernière révèle notamment que les invests disposent de moyens importants mais n’affectent à leur mission première qu’une petite moitié de ces fonds, le reste se trouvant dans leur trésorerie, un «paradoxe» selon l’UWE, qui souligne que ce «paradoxe» augmente d’années en années.

Les invests wallons indignés

Plusieurs invests wallons - ces outils financiers de proximité destinés à soutenir les PME dans l'investissement à risque - ont réagi jeudi avec indignation à une étude très critique à leur égard de l'Union wallonne des entreprises (UWE).

"Une lecture erronée des chiffres", "une interprétation tendancieuse", des "propos légers", des affirmations "lacunaires", "particulièrement biaisées" voire de "mauvaise foi": Meusinvest, l'Invest Mons-Borinage-Centre, Sambrinvest, Namur Invest ou encore Nivelinvest - cinq des neuf outils financiers concernés, n'avaient pas de mots assez durs pour défendre leur action.

L'étude affirmait que ces invests disposaient de moyens importants mais n'affectaient à leur mission première qu'une petite moitié de ces fonds, le reste (452 millions d'euros) se trouvant dans leur trésorerie, un "paradoxe" grandissant selon l'UWE.

En outre, ces invests accorderaient plus de prêts qu'ils ne rentrent dans le capital des sociétés et les entreprises qui leur sont liées ne créeraient pas plus d'emplois que les autres.

De nombreux appels

L'Invest Mons-Borinage-Centre répond aussi par des chiffres, insistant sur l'effet de levier sur l'emploi, dès lors que 70% des PME locales lui ont fait appel.

"Seuls 30% de nos interventions bénéficient d'une garantie", relève pour sa part Sambrinvest, ajoutant que les moyens disponibles sont en ligne avec les engagements pris et les besoins.

Un invest ne peut assumer qu'à 50% maximum l'investissement dans une entreprise, le solde devant être financé par les banques ou les actionnaires. "Nous sommes donc tributaires de l'action des banques dans les sociétés de notre région", fait observer Nivelinvest, qui a doublé en quatre ans ses investissements dans les sociétés du Brabant wallon.

"Signalons que les remboursements montrent en tout cas que nous gérons correctement les fonds publics qui nous sont confiés", a insisté Namur Invest. "Nous ne dormons pas sur un matelas de trésorerie que nous souhaitons conserver pour nous seuls", conclut-elle.

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