Elections 2024: Bart De Wever dresse un sombre tableau de la Belgique et appelle au virage confédéral

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a dressé ce dimanche 14 mai un tableau très sombre de la situation financière du pays. Sans un virage confédéral, il redoute que la Flandre ne soit emportée.

Belga
N-VA chairman Bart De Wever pictured during a party meeting of conservative Flemish nationalist party N-VA, Sunday 14 May 2023 in Antwerp. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK
Le président de la N-VA, Bart De Wever, a dressé ce dimanche 14 mai un tableau très sombre de la situation financière du pays. Sans un virage confédéral, il redoute que la Flandre ne soit emportée.

Selon les chiffres de la N-VA, quelque 2.500 militants étaient réunis à Anvers pour entendre le discours de clôture du "congrès des membres" organisé durant trois jours par les nationalistes flamands et dont la précédente édition remontait à 2014. À cette époque, le confédéralisme avait été ancré dans le "disque dur" du parti. Aujourd'hui, la N-VA met en place le "logiciel" qui permettra à une Flandre souveraine d'exploiter à plein son potentiel, selon son président.

À écouter M. De Wever, il est temps de laisser à la Flandre et à la Wallonie le choix de suivre leur propre voie. "Car je me tiens aujourd'hui devant vous animé d'une vive inquiétude ("brennender Sorge", référence à l'encyclique de 1937 par laquelle le pape a condamné le nazisme, NDLR). Les rapports internationaux sur la situation de ce pays sont toujours plus sombres. Le FMI, l'OCDE, la Commission européenne, la Banque nationale, le Bureau fédéral du Plan... Tous tirent la sonnette d'alarme concernant la Belgique."

À l'inverse, le leader nationaliste a salué les réalisations du gouvernement flamand (dirigé par le N-VA Jan Jambon). Mais il craint que la structure fédérale actuelle n'entraîne la Flandre dans sa chute. "Quelle humiliation ce serait pour une région au sommet comme la Flandre si le FMI devait débarquer d'un avion à Zaventem", a lancé le président de parti.

La N-VA est la seule formation qui puisse sauver la Flandre, selon lui, même si les sondages ne sont pas à la hauteur de ses ambitions. "Cela devient du cyclisme en montagne", a-t-il concédé. Si de nombreuses personnes sont en colère, il incombe à ses yeux à la N-VA de canaliser ce ressentiment et d'en faire une force constructive. "Car un vote émotionnel ne sauvera pas la Flandre, cela fera seulement le jeu du PS et d'une Vivaldi 2."

Mettre en oeuvre le confédéralisme impliquerait de longues négociations. Pour éviter une interminable période d'affaires courantes, le président de la N-VA a plaidé dans la presse en faveur d'un mini-gouvernement avec le PS pour gérer le pays. Une "folie", selon le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld). Aux yeux de M. De Wever, la poursuite de la politique actuelle s'apparenterait, elle, au "chaos", a-t-il expliqué en marge de son intervention. Le PS a, de son côté, décliné l'invitation, soulignant qu'entrer dans un gouvernement sans savoir ce qu'on va y faire, cela n'avait aucun sens.

Le Vlaams Belang n'est pas le bienvenu dans une coalition, a répété M. De Wever. L'extrême droite flamande ne veut rien faire au fédéral alors que c'est à ce niveau que les réformes se décideront. "Tom Van Grieken veut déclencher la révolution depuis la Flandre et ensuite aller négocier. N'ont-ils pas tiré les leçons de ce qui s'est passé en Catalogne?", a-t-il fait remarquer.

Quant à l'entrée du VB dans la coalition, elle n'agrée pas non plus la N-VA. "La Flandre est parfaitement gouvernable. Pourquoi irais-je avec un parti extrémiste? Je me sens plus proche des partis du centre", a-t-il balayé en égratignant le programme socio-économique du Vlaams Belang.

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