Le "non" de Glatigny au master de médecine pour l'UMons recalé en gouvernement

Annoncé la semaine dernière dans une interview à la presse, le refus de la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny (MR), de permettre à l'UMons d'organiser un master en médecine a été recalé jeudi en gouvernement, a-t-on appris de sources concordantes.

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Federation Wallonia - Brussels Minister of Higher Education, Social Promotion Education, Scientific Research, University Hospitals, Youth Aide, Promotion of Brussels, Youth and Sports Valerie Glatigny pictured during a plenary session of the parliament of the Federation Wallonie-Bruxelles (Federation Wallonia Brussels - Federatie Wallonie Brussel) in Brussels, Wednesday 08 February 2023. BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ
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Inscrit à l'ordre du jour de la réunion du gouvernement, le texte qui devait confirmer cette décision n'a pas été approuvé, mais reporté sine die, en raison de l'opposition de ses partenaires de majorité.

Dès la sortie de la ministre dans la presse, plusieurs voix s'étaient élevées au sein du PS et d'Ecolo pour dénoncer une décision jugée non-concertée. Ces commentaires laissaient logiquement présager quelques difficultés pour Mme Glatigny ce jeudi en réunion du gouvernement où son texte passait en première lecture.

Jeudi après-midi, son cabinet refusait toutefois d'y voir une quelconque rebuffade.

"Le point a été discuté par les ministres et a simplement été reporté, comme cela arrive régulièrement. Il sera remis sur la table du gouvernement dans deux semaines pour poursuivre les discussions autour des 57 habilitations proposées", a-t-il commenté.

N'organisant actuellement que le cycle de bachelier en médecine, l'UMons souhaitait pouvoir organiser également à l'avenir le cycle de master dans cette filière, en plus donc de l'ULB, de l'UCLouvain et de l'ULiège.

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L'UNamur, elle aussi dotée du seul bachelier en médecine, demandait pour sa part à pouvoir organiser le master de médecine générale.

La ministre Glatigny s'oppose toutefois à ces deux demandes d'autorisation, appelées "habilitations" dans le jargon propre à l'enseignement supérieur.

Pour elle, l'ouverture de ces deux nouveaux master en médecine ne peut se justifier alors que le nombre de médecins est contingenté chez nous.

Elle redoute aussi l'augmentation des coûts que généreraient ces deux nouvelles habilitations. La situation budgétaire de la FWB est en effet très dégradée. De plus, l'enseignement supérieur fonctionne dans une enveloppe fermée, l'argent donné aux uns devant bien souvent être pris à d'autres.

Courroucé, le recteur de l'UMons, Philippe Dubois, avait qualifié la décision de Mme Glatigny de "coup de poignard dans le dos des Hainuyers", alors que la région souffre d'une pénurie de médecins, avait-il dénoncé.

Le président du PS, Paul Magnette, y est aussi allé de son commentaire, piquant discrètement au passage son homologue montois Georges-Louis Bouchez.

"Le MR ne peut pas stigmatiser et dénigrer le Hainaut dès qu'il le peut et en même temps, utiliser tous ses leviers politiques pour freiner son essor en bloquant son développement universitaire", lâchait ainsi le Carolo en début de semaine sur Twitter.

Ces tensions au sein du gouvernement de la FWB autour du projet de master en médecine de l'UMons interviennent après des mois de bras de fer autour de la désignation compliquée du successeur de Bernard De Vos comme nouveau délégué général aux droits de l'enfant (DGDE).

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