Christophe Hardiquest : “Les Belges sont trop gâtés et ne se rendent plus compte de la chance qu’ils ont”

Ce matin sur le plateau de LN24, Martin Buxant recevait Christophe Hardiquest, l’un des hauts noms de la gastronomie belge.

La Rédaction

Christophe Hardiquest, chef deux étoiles, s’apprête aujourd’hui à ouvrir son tout nouveau restaurant, Menssa. Un nouvel établissement qui prend place dans son ancien restaurant Bon Bon, situé à Woluwe-saint-Pierre, qu’il avait fermé il y a huit mois d’ici, à la surprise générale.

”Le besoin se faisait ressentir de changer quelque chose. Je n’étais plus en accord avec ce que je faisais car la société évolue tellement rapidement. Le métier de cuisinier est en constant mouvement. Cela n’avait plus de sens pour moi de continuer comme ça. L’utilisation des produits, la quantité de personnel, ma vie privée… Il y a beaucoup de choses qui m’ont fait basculer. Aujourd’hui, j’ai recentré mes envies”, confie le chef belge à Martin Buxant.

Christophe Hardiquest annonce d’emblée la couleur avec Menssa : il compte changer les choses. L’établissement sera beaucoup plus intimiste. Il s’agira d’un comptoir gastronomique, une espèce de laboratoire où les convives pourront l’observer en pleine action. “Je ne voulais plus de service, où les serveurs passent une éternité à décrire ce que l’on va manger. Je voulais une véritable connexion entre les chefs et les clients. De manière à les éduquer et qu’ils apprennent quelque chose. On veut transmettre notre savoir”, explique-t-il.

Un restaurant de riche ?

La carte sera divisée en quatre parties : la mer, la terre, la forêt et le jardin. Un mélange de matières brutes naturelles et belges qui créeront une ambiance sobre et classe. Pour une cuisine qui se veut plus saine, novatrice, où le cru sera mis à l’honneur et où les produits seront utilisés dans leur totalité. “Il n’y a pas longtemps on a servi du diaphragme de bœuf, il y a tellement de possibilités qui n’ont pas encore été exploitées. On va travailler dans une recherche constante. Les produits (NdlR : qui seront locaux) ne voyagent pas mais bien les techniques”, détaille le chef belge, très enthousiaste. “On doit encore augmenter la culture générale autour de la nourriture, ça s’améliore mais il y a encore du travail. Je vois que les jeunes s’intéressent de plus en plus à la nourriture. J’ai envie de dire à cette nouvelle génération : cuisinez ensemble, on s’amuse.”

Un concept novateur qui aura un prix en raison de l’augmentation constante de toutes les matières premières et de l’électricité. “Je veux rester accessible à tous, mais cela aura un coût c’est sûr”, avoue Christophe Hardiquest, qui poursuit ensuite, “Les Belges sont des gens extraordinaires mais nous sommes trop gâtés. Nous ne nous rendons plus compte de la chance que nous avons dans ce pays. On se plaint beaucoup par rapport à tout ce que nous avons. Je ne dis pas que c’est parfait, mais il faut s’ouvrir à ce qui se passe ailleurs”.

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