La Belgique va perdre une bière trappiste, où sont brassées les dernières trappistes belges et mondiales, et qu'est-ce qui les rend si spéciales ?

La bière Achel ne sera bientôt plus une bière trappiste. C’est la conséquence de la vente probable de l’abbaye Saint-Benoît, située dans le village du même nom. Quelles sont les dernières bières qui répondent à cette appellation en Belgique et dans le monde ?

Belga
La Rédaction de L'Avenir
La Belgique perd une de ses bières trappistes.
La Belgique perd une de ses bières trappistes. ©Bernad Demoulin

Jan Tormans, propriétaire du groupe Tormans, a signé une promesse d’achat concernant l’abbaye. L’entrepreneur aurait l’intention d’agrandir la brasserie, mais comme aucun moine ne sera plus impliqué dans le processus de brassage, la bière ne pourra plus être qualifiée de trappiste. Le goût ne devrait cependant pas changer.

Il y a trois ans, les derniers moines ont quitté la “Achelse Kluis” (nom donné à l’abbaye Saint-Benoît) pour l’abbaye de Westmalle (province d’Anvers). Comme les activités de brassage ont été poursuivies sous la supervision de l’abbaye de Westmalle, la bière d’Achel a pu continuer à être dénommée en tant que trappiste. Cependant, le label “Authentic Trappist Product” a disparu de l’étiquette et a été remplacé par le blason du monastère, car plus aucun moine ne vivait dans l’abbaye.

L’abbaye Saint-Benoît a été mise en vente depuis un certain temps par l’abbaye de Westmalle. Une partie des bâtiments nécessite d’être restaurée. Jan Tormans souhaite se concentrer principalement sur la brasserie. Toutefois, selon les conditions de vente, il va devoir également s’assurer du bon entretien des bâtiments ainsi que de la nature environnante.

Bière trappiste ou bière d’abbaye ?

Pour rappel, une bière trappiste est forcément une bière d’abbaye, mais l’inverse n’est pas toujours vrai. Une bière trappiste répond à trois critères, définis par l’Association Internationale Trappiste (AIP) :

  • Les produits doivent être fabriqués dans l’environnement immédiat de l’abbaye ;
  • La production doit avoir lieu sous la supervision des moines ou moniales ;
  • Les revenus doivent être destinés aux nécessités de la communauté monastique, à la solidarité au sein de l’Ordre Trappiste, à des projets de développement et à des œuvres caritatives.

Une bière d’abbaye répond en revanche à des critères bien moins stricts : elle peut être issue d’une ancienne recette monastique, elle peut avoir été brassée autrefois par des moines, et paye un droit à une abbaye pour utiliser son nom. En Belgique, la Triple Karmeliet, la Grimbergen ou encore la Leffe sont des bières d’abbaye sans être des trappistes, par exemple.

Avec la vente de la “Achelse Kluis”, il n’y aura plus que cinq bières trappistes en Belgique : à Westmalle (province d’Anvers), Westvleteren (Flandre occidentale), Chimay (Hainaut), Orval (province de Luxembourg) et Rochefort (province de Namur).

Ailleurs dans le monde, La Trappe et Zundert (Pays-Bas), Engelszell (Autriche), Tre Fontane (Italie) et Tynt Meadow (Royaume-Uni) complètent le cercle.

À noter que la France pourrait avoir une bière trappiste, la Mont des Cats, mais elle est aujourd'hui brassée à l’abbaye Notre-Dame de Scourmont, à Chimay, ce qui rend impossible sa labellisation. Les États-Unis, enfin, avaient aussi leur bière trappiste, la seule non européenne, jusqu’en mai 2022. L’abbaye Spencer a depuis fermé ses portes, à cause d’une concurrence un peu trop rude.

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