Procès des attentats de Bruxelles: les avocats d'Ibrahim Farisi n'ont plus de mandat, la présidente les désigne d'office

L'audience de mardi matin au procès des attentats de Bruxelles de 2016 a commencé par un énième coup d'éclat d'Ibrahim Farisi. Son avocat Me Carrette a souhaité prendre la parole pour faire savoir qu'il n'exerçait plus le rôle de conseil pour son client.

Belga
Accused Ibrahim Farisi pictured during the first day of the trial of the attacks of March 22, 2016, at the Brussels-Capital Assizes Court, Monday 05 December 2022 at the Justitia site in Haren, Brussels. On March 22 2016, 32 people were killed and 324 got injured in suicide bombings at Zaventem national airport and Maalbeek/ Maelbeek metro station, which were claimed by ISIL.
Ibrahim Farisi ©Pool

L'accusé a ensuite répliqué avec colère, avant d'être évacué manu militari de la salle d'audience. L'audience a été levée un bon quart d'heure avant de reprendre sur le coup de 10h.

La présidente de la cour d'assises a annoncé qu'après un entretien avec le bâtonnier, il a été décidé de désigner d'office Me Xavier Carrette (déjà conseil de l'accusé avant cet incident). Ibrahim Farisi n'a pas réagi à l'annonce. Il a finalement quitté la salle d'audience pour aller fumer une cigarette.

"J'ai souhaité prendre la parole pour vous signaler que maître Berger et moi-même sommes venus par déférence vis-à-vis de la cour puisque nous sommes sans instruction de monsieur Farisi; à l'heure actuelle nous ne somme plus les conseils d'Ibrahim Farisi", a déclaré à l'ouverture de l'audience mardi Me Carrette.

L'accusé a ensuite pris la parole pour s'adresser à la cour. "Le monde c'est un globe, il est grand. Si j'avais voulu quitter le territoire, je l'aurais fait", a-t-il dit l'air un peu hagard.

Smail Farisi, l'autre accusé comparaissant libre et frère d'Ibrahim Farisi, a ensuite tenté d'interrompre son frère en s'emparant du micro avant d'être invité par la présidente à regagner sa place.

"J'ai eu une altercation avec mon avocat, ça n'avance pas, Mme la présidente!", a poursuivi Ibrahim Farisi. "J'ai une question: "Mr Abrini, vous me connaissez?", a-t-il ensuite lancé en se tournant vers le box des accusés.

"Où est Oussama Atar? Vous n'avez pas d'acte de décès", a poursuivi l'accusé avec colère. Malgré plusieurs exhortations de la présidente à garder son calme, Ibrahim Farisi a poursuivi ses diatribes, tout en étant conduit hors de la salle par des policiers.

"Je veux que tous les accusés restent pour les parties civiles. Les jurés ne comprennent rien! Donnez-nous notre innocence. Ceux qui ont fait, ils sont morts. Vous les avez craints. Narrez-moi ce que vous avez sur moi depuis 7 ans. Acquittez-moi!", a-t-il encore crié depuis le seuil de la salle d'audience.

L'audience a repris vers 10h avec la question quotidienne posée aux accusés détenus sur la fouille à nu avec génuflexion réalisée à la prison de Haren avant leur transfert vers le Justitia. Mohamed Abrini et Osama Krayem n'ont pas souhaité répondre à la demande de la présidente, les autres ont fait savoir qu'ils y avaient bien été soumis. Mohamed Abrini, Osama Krayem et Salah Abdeslam ont ensuite choisi de quitter la salle d'audience et de retourner en cellule.

Les témoignages ont, dans la foulée, pu reprendre avec la suite de l'inventaire des objets et pièces à conviction découverts dans l'appartement de la rue du Dries à Forest, l'une des planques des terroristes où avait eu lieu une fusillade le 15 mars 2016.

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