Surprenantes histoires en Wallonie : Le papa pirate le CEB, torturé à cause d’une voyante, pas assez lourdement condamnés…

Chaque semaine nous sélectionnons pour vous une série d’histoires racontées lors d’audiences dans les tribunaux en Wallonie.

La Rédaction de L'Avenir
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Le papa a pu télécharger les épreuves du CEB. ©JEAN LUC FLEMAL

Retrouvez toutes nos sélections hebdomadaires sur notre page "Au tribunal: chroniques d’audiences en Wallonie"

Le papa avait hacké les épreuves du CEB de sa fille

Le CEB, cette épreuve commune à tous ceux qui terminent le cycle fondamental, fait parfois trembler les petits écoliers mais aussi leurs parents. Il y a mille et une manières de se préparer mais Hugues n’a pas choisi la meilleure. Il a accédé illégalement au CEB et l’a téléchargé.

Cette triche met la jeune fille très mal à l’aise.

Un ancien instructeur de tir soupçonné de vol

Il n’est jamais agréable pour un militaire de carrière de se retrouver sur les bancs d’un tribunal correctionnel pour répondre d’une prévention de vol.

C’est ce qui est arrivé à un militaire d’une quarantaine d’années habitant près de Namur. En 2017, il était instructeur de tir au camp Bastin à Stockem (Arlon) et donnait entière satisfaction.

Mais le 16 février 2017, à 8 h, l’instructeur militaire et l’armurier au camp de Stockem constatent qu’une lunette de visée équipant un fusil d’assaut dans l’armurerie n’est plus présente sous sa housse de protection. Ce fusil avait été rangé quelques jours plus tôt au râtelier de l’armurerie

Les soupçons se dirigent vers l’instructeur de tir car selon l’armurier qui a consulté le registre des entrées et sorties du matériel, c’est l’instructeur de tir qui est le dernier à avoir remis l’arme en place et a signé le registre.

Voilà comment, six ans plus tard, l’ancien instructeur, qui travaille depuis lors dans une autre unité du pays, se retrouve devant le tribunal correctionnel d’Arlon pour le vol de la lunette et “avoir détourné cette lunette appartenant à l’État, confiée à sa garde”.

La citation de la semaine :

guillement

« Je vais te découper. Je suis boucher. Je sais désosser. »

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Dénoncé par une voyante, un homme torturé pendant plusieurs heures

Coups violents, simulation de noyade… Durant plusieurs heures, il a été torturé par cinq personnes. Dont quatre “amis”. À quelques mètres à peine de ses deux enfants de cinq et deux ans et demi. L’homme avait été dénoncé par une voyante dans le cadre du vol de 100.000 euros. Cette même voyante qui avait également désigné un endroit à fouiller.

Au tribunal pour avoir donné à manger à des sangliers

Un septuagénaire, titulaire de chasse sur une parcelle dans la région d’Érezée, s’est retrouvé cité devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau pour nourrissage illégal de sangliers. Le prévenu nie mais des déchets alimentaires et des céréales y ont été retrouvés.

Pollution aux inertes ou pollution politique ?

Sur leur banc, ces six élus et ex-élus de Mettet, des routards de la chose publique ayant tout connu de l’adversité de l’engagement politique, font bloc face au tribunal et à la présidente Manuela Cadelli. Il n’y a plus ni majorité ni minorité mais une petite équipe prête à défendre son honneur, et qui semble se demander quel crime elle a commis pour se retrouver là, sous les projecteurs infâmants de la justice. Présents, le bourgmestres Yves Delforge (un Engagé), les conseillers communaux MR Jules Sarto et Arnaud Maquille, l’ex-échevin PSC des Travaux Christian Dubucq, étiqueté cdH pendant seulement deux petites années avant de claquer la porte du collège, en 2004, dans une autre vie. Enfin, ce bourgmestre débonnaire qui pilota Mettet de 2006 à 2012, Eugène Remy (dit Michel). Le compte n’y est pas. En sa qualité d’avocat retraité rompu aux prétoires, Robert Joly trépigne au premier rang, et découvre le banc réservé aux inculpés. Forcément, il a connu mieux que cette grande première. Il distribue d’ultimes pièces, absentes du dossier répressif et aptes à les disculper.

À tous, il leur est reproché, depuis le début des années 2000 jusqu’en 2018, d’avoir autorisé les ouvriers communaux à déverser à la carrière (désaffectée) du Fay, à Biesmerée, des remblais issus de divers travaux de voiries, ainsi que des boues de curage, des matériaux amiantés etc. Majoritairement tous déchets inertes sans danger pour la santé humaine et l’environnement, mais illégalement enfouis, sans permis, une infraction appelant une sanction pénale.


On vous raconte la suite

Un vendeur de matériel agricole condamné

Un vendeur de matériel agricole et forestier comparaissait début décembre devant le tribunal correctionnel de Namur. 44 faits d’escroquerie et d’abus de confiance lui étaient reprochés. Il était également concerné par des préventions de faux, d’usage de faux, de recel, de défaut de collaboration avec le curateur et de défaut de comptabilité.

S’il est habile de ses mains, le prévenu s’est révélé être piètre gestionnaire.

Des faux et usages de faux commis entre 2019 et 2021 lui étaient reprochés, à savoir avoir trafiqué des certificats d’assurance. Il était en aveux de ces préventions. Le gros du dossier concernait 44 escroqueries et abus de confiance.

Il vient d’être condamné.

Contrôlé avec 2,16g à 10h du matin, il avait planté sa voiture sa voiture dans une boîte aux lettres et un poteau électrique

Me Frédéric Gavroy avait joué sur la corde sensible pour demander la bienveillance du tribunal correctionnel d’Arlon quant à une condamnation en première instance. “Le casier judiciaire de mon client est vierge depuis plus de 50 ans, plaide l’avocat. Il reconnaît son erreur, mais c’est un fait isolé. À 78 ans, il venait de perdre son épouse, malade et fortement handicapée, dont il s’occupait jour et nuit. Il s’est retrouvé seul et déprimé. Il a eu le tort de noyer son chagrin dans l’alcool. La sanction va l’empêcher de prendre sa voiture pour aller faire ses courses, voir ses petits-enfants ou chercher ses médicaments à la pharmacie. Je vous demande de lui accorder la suspension du prononcé.”

Le tribunal a fait preuve de mansuétude vis-à-vis d’une situation exceptionnelle, qui ne peut plus se reproduire.


Mais encore

Le Covid et ses contrevenants s’invitent à nouveau au tribunal

Le substitut du procureur du roi, Yannick Rosart, était particulièrement remonté devant le tribunal correctionnel d’Arlon siégeant avec trois juges en appel du tribunal de police. L’œil courroucé, le verbe haut, un jugement de la Cour de cassation exhibé à bout de bras, il a enjoigné le tribunal de revenir sur une série de jugements prononcés au printemps dernier.

Ils concernent principalement des citoyens qui ont bravé les mesures anti-Covid pendant le confinement soit, en ne portant pas le masque dans des lieux publics, soit en organisant des rassemblements festifs interdits. Un d’entre eux, au casier judiciaire bien rempli, se voit même reprocher d’organiser plusieurs rave-party. Une autre volée de jugements concerne des gérants de café ou de restaurants qui n’ont pas respecté l’heure de fermeture de leurs établissements. “Vous ne pouvez pas, Messieurs les juges, prononcer l’irrecevabilité des poursuites ou des amendes ridiculement basses de dix euros, assène Yannick Rosart. Le manque de civisme marqué par un arrêté ministériel contraignant dans une période spéciale pour des raisons graves, ne peut pas être pris à la légère. La loi doit être appliquée.”

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