Procès des attentats de Bruxelles: la défense de Smail Farisi veut pouvoir interroger les témoins plus rapidement

Me Degrève, avocat de l'accusé Smail Farisi, a annoncé à une reprise d'audience lundi en fin de matinée, qu'il déposait des conclusions pour demander à pouvoir interroger les témoins plus rapidement que prévu par le planning du procès des attentats commis le 22 mars à Bruxelles et Zaventem.

Belga
BRUSSELS, BELGIUM - DECEMBER 12 : Michel Degrève (lawyer of Smail Farisi) pictured during the trial of the attacks of Brussels. On March 22 2016, 32 people were killed and 324 got injured in suicide bombings at Zaventem national airport and Maalbeek / Maelbeek metro station on 12, 2022 in Brussels, Belgium, 12/12/2022 ( Photo by Didier Lebrun / Pool / Photonews
La défense de Smail Farisi veut pouvoir interroger les témoins plus rapidement. ©DLE

Si celui-ci est respecté, les avocats de la défense ne pourront poser leurs questions aux témoins, qui se succèdent depuis plusieurs semaines, que le 6 février. Cela viole, selon lui, le principe de contradiction.

"Du 6 décembre au 19 décembre 2022, nous avons eu droit à la lecture de l'acte d'accusation. Un acte d'accusation de 486 pages (...) qui contenait parfois des erreurs cruciales", a avancé Me Degrève. "Les débats ont débuté le 21 décembre, et la défense ne pourra poser ses questions que le 6 février", soit 46 jours plus tard.

La crainte de l'avocat de Smail Farisi est qu'entre-temps, "la conviction du jury ait eu le temps de se forger et de s'ancrer". Selon lui, de cette longue période "sans contradiction" découlera inévitablement des déperditions pour le jury. Il estime en outre que les témoins ne pourront, sans les éléments de contexte qui étaient ceux du temps du témoignage, répondre correctement aux questions.

"Que fera-t-on en outre si un des témoins ne revient pas le 6 février?", a-t-il rajouté. "En cas d'absence, la défense perdra son droit à interroger les témoins et à rectifier certaines erreurs."

Pour Me Degrève, en deux mois, "l'accusation aura eu tout le loisir d'étaler" son point de vue, tandis que les accusés n'auront eu la parole que 30 minutes. "Cette manière de procéder entraîne une violation des droits de la défense, à un débat contradictoire et à un procès équitable", a poursuivi l'avocat. Il demande dès lors à pouvoir interroger les témoins à l'issue de chaque journée d'audience, ou "à tout le moins" à l'issue de chaque thématique.

Pour les parties civiles, Me Lys et Me Venet ont pris la parole, s'étonnant notamment du timing de ce dépôt de conclusions pour l'un, et le jugeant peu confraternel pour l'autre. Tous deux se sont opposés à la demande de Me Degrève. Tout comme le parquet fédéral, qui l'a qualifiée de "non fondée".

Du côté de la défense, celle d'Osama Krayem s'y est opposée, tandis que celles des accusés Ibrahim Farisi, Salah Abdeslam et Bilal El Makhouki ont indiqué "s'en remettre à la sagesse de la cour" et ne pas s'associer à cette demande. Les avocats de Mohamed Abrini, Ali El Haddad Asufi, Sofien Ayari et Hervé Bayingana Muhirwa l'ont soutenue.

La présidente a ensuite donné la parole aux accusés. Abrini, Ayari, El Makhouki, Bayingana Muhirwa n'ont pas souhaité s'exprimer. Ali El Haddad Asufi a lui affirmé que le "seul risque" en interrogeant plus rapidement les témoins était d'obtenir "la vérité" et Ibrahim Farisi a affirmé être "observateur plus qu'accusé" et bien voir que "le jury était perdu". "Laissez-nous poser des questions", a-t-il demandé à la présidente Laurence Massart.

Salah Abdeslam a lui profité de l'occasion pour réaffirmer "qu'il n'y était pour rien" dans les faits jugés. "J'ai des antécédents, j'ai été condamné au procès du 13 novembre, mais ça ne veut pas dire que je suis responsable de tous les attentats" commis dans les environs. "En France, j'ai assumé ma responsabilité, mais ici, je n'ai rien à voir" avec les faits.

La cour s'est retirée pour délibérer peu avant 13H.

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