Georges-Louis Bouchez : « Paul Magnette donne des leçons mais… »

Invité ce lundi 9 janvier 2023 sur le plateau de LN24, Georges-Louis Bouchez, le président du MR, s’en est pris au parti socialiste, qu’il juge notamment trop passif dans le cadre de la réforme fiscale.

La Rédaction de L'Avenir

La prolongation des deux réacteurs nucléaires presque entérinées, George-Louis Bouchez a évoqué la réforme fiscale auquel le gouvernement s’attelle depuis plusieurs mois. Une réforme qu’il a répété ne pas soutenir entièrement.

« Je soutiens la philosophie de Vincent Van Peteghem (le ministre des Finances, NDLR) de baisser la fiscalité sur les travailleurs » mais « il n’y a pas encore d’accord de gouvernement sur cette réforme ». Ce qui freine le parti libéral ? La façon dont cette réforme sera financée.

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Ainsi, plutôt que de toucher à des niches fiscales, le MR préfère agir sur « ce qui génère l’argent dont l’État a besoin, à savoir le travail » : « La solution viendra de la création d’emploi. » Et l’homme fort du MR de pointer… le parti socialiste. « Si on ne réforme pas le marché du travail et des pensions, on n’aura pas de réforme fiscale qui profite réellement aux travailleurs. Et qui a la compétence de l’emploi dans ses mains et des pensions ? C’est le parti socialiste. »

Déçu qu’on ne propose pas « d’autres alternatives » aux 25 propositions de réforme mises sur la table par son parti, Georges-Louis Bouchez le reconnaît : « On ne peut pas dire qu’on (le gouvernement, NDLR) ait les partenaires les plus homogènes sur le plan philosophique pour arriver » à une réforme fiscale d’ici la fin de la législature actuelle.

S’il répète ne pas vouloir que la majorité tombe - « On a besoin que ce gouvernement aille jusqu’en 2024 » -, GLB ne se prive donc d’épingler certains de ses partenaires. « Parce qu’on doit convaincre aussi quand on est au gouvernement » et que « la campagne électorale ne dure pas seulement trois mois ». Dans son viseur de la matinée, l’(in)action du PS dans plusieurs grandes villes du pays. Comme à Charleroi où, selon lui, Paul Magnette n’en ferait pas assez.

« Il vient sur vos plateaux pour donner des leçons à tout le monde. Mais il est bourgmestre d’une commune (Charleroi, NDLR) où le taux d’emploi est de 53%. Ça veut dire qu’il y a une personne sur deux qui est en âge de travailler à Charleroi qui ne travaille pas. Et ce n’est pas de la stigmatisation. Si moi j’étais bourgmestre de Charleroi, ma priorité serait de donner un avenir à toutes ces personnes. » Et Georges-Louis Bouchez d’avoir une pique pour Bruxelles où le taux de chômage n’a pourtant jamais été aussi bas : « Ils (les socialistes, NDLR) ont réalisé une petite amélioration de quelques dixièmes de pourcent parce que la population vieillit et qu’il y a plus de gens qui quittent le marché du travail que ceux qui y entrent. » Et d’en ajouter une dernière couche : « Si Bruxelles était un pays de l’Union européenne, il serait celui avec le plus faible taux d’emploi de l’UE. Il serait même battu par les anciens pays de l’Europe de l’Est. »

Alors que les élections fédérales auront lieu en 2024, le président du Mouvement Réformateur envoie un message aux électeurs : « « Si en 2024, ils veulent un gouvernement plus tranchant dans ses choix, il faut aussi poser des choix tranchants dans les urnes. » La campagne est lancée ?


Accord sur le nucléaire : « La Belgique en sort gagnante »

« L’objectif est atteint. On a un peu de retard, car l’objectif était (de boucler l’accord pour) le 31 décembre, mais on y est. »

C’est un Georges-Louis Bouchez soulagé qui a confirmé qu’un accord sur la prolongation des deux réacteurs nucléaires (Tihange 3 et Doel 4) a été trouvé entre Engie et l’État belge. Un accord dont « la Belgique sortira gagnante puisque ça lui permettra d’assurer une sécurité d’approvisionnement », estime le président du MR. Le politicien promettant encore que « les intérêts financiers des Belges ont été plus que préservés ».

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Dans les faits, « il y aura une période d’interruption pendant laquelle des travaux seront effectués pour pouvoir maintenir ces deux réacteurs pour dix ans. » Seul hic, « il manquerait actuellement un peu plus d’un giga de capacité » pour l’hiver 2025. La solution prônée par Georges-Louis Bouchez ? « La petite prolongation de trois autres réacteurs. C’est ça ou on construit des centrales au gaz. Et qui, aujourd’hui, veut être dépendant du gaz de la Russie ou du Qatar ? Qui veut remettre son destin dans les mains de ces pays ? » Avec un autre élément dans son plaidoyer : les émissions de CO². « Si on veut continuer de baisser nos émissions de CO², en particulier dans la production énergétique, il faut prolonger les autres réacteurs. » Et tant pis si les anti-nucléaires ne sont pas entendus…

« Les réacteurs nucléaires sont les structures industrielles les mieux protégées au monde, les plus surveillées au monde. Le risque 0 n’existe pas, mais c’est le risque le plus maîtrisé en la matière », estime encore GLB, qui compare les dangers du nucléaire à… la descente des escaliers.

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