Menaces envers Vincent Van Quickenborne: la justice décidera dans 15 jours si un cinquième suspect doit être remis à la Belgique

Le cinquième individu suspecté d'avoir proféré des menaces à l'encontre du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, reste en détention aux Pays-Bas pour une durée supplémentaire de deux semaines.

Belga
Justice Minister Vincent Van Quickenborne pictured during a press conference after the Minister's council meeting of the Federal Government, in Brussels, Friday 23 December 2022. BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK
Vincent Van Quickenborne

La Chambre de coopération judiciaire internationale du tribunal d'Amsterdam se prononcera le 19 janvier sur la remise à la Belgique du Néerlandais de 22 ans.

Dans le cadre de la même affaire, quatre suspects séjournent déjà en prison en Belgique. Les Pays-Bas les avaient livrés à la fin de l'année dernière.

Le samedi 24 septembre 2022, le domicile de Vincent Van Quickenborne à Courtrai avait été placé sous sécurité renforcée par le Centre de Crise National (CCN) en raison d'une possible menace. La nature exacte de ce danger n'a pas été communiquée, mais des projets de kidnapping du ministre de la justice auraient été interceptés. Une arme, des sangles et des bouteilles d'essence ont été trouvées dans une voiture abandonnée à proximité. Vincent Van Quickenborne et sa famille ont dû être transportés dans une maison sécurisée.

Trois suspects ont été arrêtés à La Haye et à Leidschendam dans la nuit du 23 au 24 septembre. Un quatrième a été appréhendé le lendemain à La Haye. Les quatre criminels potentiels ont été remis à la Belgique et depuis lors, sont toujours en détention provisoire.

Fin septembre, Vincent Van Quickenborne et sa famille ont pu quitter leur refuge de secours, mais depuis le 6 décembre, ils doivent de nouveau se cacher.

Le cinquième suspect a été appréhendé aux Pays-Bas le 15 décembre dernier. D'après les médias néerlandais, il s'agit de Lorenzo B. de La Haye. Il aurait endossé un rôle majeur dans les projets d'enlèvement du ministre. Son avocat belge, Bart Vosters, n'était pas joignable pour commenter cette actualité.

La décision du tribunal d'Amsterdam attendue le 19 janvier ne peut faire l'objet du moindre recours. Si le transfert du détenu est accordé à la Belgique, il doit être effectué dans les dix jours. La Chambre de coopération judiciaire internationale amstellodamoise avait précédemment donné son feu vert pour les autres suspects dans cette enquête. Cependant, elle ne l'a pas toujours fait. En décembre dernier, elle avait à plusieurs reprises opposé une fin de non-recevoir lorsque la Belgique était la partie requérante.

Par exemple, le 14 décembre 2022, un Néerlandais de 33 ans n'a pas été autorisé à rejoindre la Belgique. Le verdict s'est basé sur le rapport du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) publié fin novembre à la suite de visites dans des prisons belges. Le tribunal d'Amsterdam a estimé que les conditions générales de détention n'étaient plus suffisamment respectées. Il a relevé que "l'espace personnel de trois mètres carré, la problématique des prisonniers contraints de dormir à même le sol ainsi que les installations sanitaires" n'étaient "plus adéquates". Il a également souligné que selon les réponses qu'il avait reçues de la part du gouvernement belge, "le problème des prisonniers contraints de dormir à même le sol ne sera pas résolu avant avril 2023 tandis qu'il s'avère que la surpopulation carcérale augmente, que le manque de personnel reste d'actualité et que les autres conditions de détention ne satisfont pas aux exigences".

Les précisions des responsables politiques belges liées au rapport du CPT sur les établissements pénitentiaires belges n'ont donc pas rassuré la justice néerlandaise.

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