Les suspects néerlandais ne sont plus envoyés vers les prisons belges, l'administration reconnaît la surpopulation

La situation dans les prisons belges, surpeuplées, est telle que les suspects néerlandais n’y sont plus transférés en ce moment. Dans plusieurs affaires, une juge a tiré un trait sur les remises vers la Belgique, rapporte jeudi le journal néerlandais AD.

Belga
Bruxelles - prison de Forest: Marc-Jean Ghyssels (bourgmestre de forest) organise une visite de presse de la prison de Forest en presence de Jurgen van poecke (directeur de la prison de Forest)
©JC Guillaume

Ce quotidien cite des verdicts par le tribunal d’Amsterdam avant et après Noël. Selon la juge, il y a un risque de “traitement inhumain ou dégradant” dans les prisons belges. Elle renvoie à un rapport accablant sur les prisons belges épinglant la surpopulation carcérale qui génère aussi davantage de tensions et de violence entre détenus.

Ce rapport du comité européen de prévention de la torture, organe du Conseil de l’Europe, dénonce que les prisonniers doivent demeurer 23 heures dans leurs cellules. La pénurie de personnel est aussi responsable du peu d’activités en place pour les individus privés de liberté. En outre, le document critique les sanitaires et l’état général des établissements pénitentiaires qui sont vétustes et sales.

Le 14 décembre, un suspect néerlandais a reçu l’ordre de ne pas être transféré vers des prisons belges surpeuplées. Dans deux arrêts, la juge a reporté cette décision de remise, qui, en temps normal, s’avère une formalité. Parmi les arguments pour justifier cette décision, le risque de violation des droits de l’Homme est mis en avant.

L'administration reconnaît la surpopulation

L'administration centrale des prisons a réagi jeudi à la nouvelle du refus de transfert de détenus néerlandais vers la Belgique en reconnaissant le problème de surpopulation carcérale qui existe depuis de longues années chez nous. Par ailleurs, l'affaire Sky ECC a donné lieu à de nombreuses interpellations qui pèsent aussi sur le système, avec un afflux de "300 prévenus", pointe la porte-parole Kathleen Van De Vijver.

L'administration centrale des prisons se dit consciente du problème, mais indique les efforts en cours pour adapter les modes d'exécution des peines et ouvrir de nouvelles places.

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