Procès des attentats de Bruxelles: Ali El Haddad Asufi dénonce avoir été étranglé par la police, l'audience suspendue

Ce jeudi 8 décembre 2022, l'accusé Ali El Haddad Asufi, par la voix de son avocat Jonathan De Taye, a dénoncé avoir été violenté par la police lors de son extraction de la prison de Haren. Il affirme avoir été étranglé violemment et avoir ensuite perdu connaissance.

Belga
This drawing by Janne Van Woensel Kooy shows Accused Ali El Haddad Asufi (R) and his lawyer Jonathan De Taye at a session of the trial of the attacks of March 22, 2016, at the Brussels-Capital Assizes Court, Wednesday 07 December 2022 at the Justitia site in Haren, Brussels. On March 22 2016, 32 people were killed and 324 got injured in suicide bombings at Zaventem national airport and Maalbeek/ Maelbeek metro station, which were claimed by ISIL. 
BELGA PHOTO JANNE VAN WOENSEL KOOY
Image d'illustration

"L'heure est grave!", a débuté Me Jonathan De Taye, en début d'audience. "J'hallucine totalement! Je n'ai jamais assisté à un procès qui se déroule dans ces conditions!", a-t-il dénoncé, évoquant un traitement "digne d'un Etat totalitaire" à l'encontre de son client, Ali El Haddad Asufi. Il a ainsi fait le parallèle avec la prison irakienne d'Abou Ghraib, où des Américains ont torturé de nombreux prisonniers en 2003 et 2004.

Examiné par un médecin légiste

Me De Taye a dès lors demandé à la présidente de suspendre l'audience afin que son client, qui était affalé sur la tablette devant lui depuis son arrivée dans le box, puisse être examiné par un médecin légiste.

Les prestations des avocats des accusés en voie d'être doublées

"Il est hors de question que je représente un homme qui n'est pas en état de suivre son procès, car il a été violenté pour avoir osé prendre la parole!", a encore lancé l'avocat. La veille, Ali El Haddad Asufi avait en effet déjà dénoncé une nouvelle fois les conditions de détention et de transfert des accusés. Avec quatre autres, il avait d'ailleurs décidé de quitter la salle d'audience en guise de protestation.

Après avoir demandé à l'accusé s'il était en état physique de comparaître et que ce dernier lui eut répondu par la négative, expliquant avoir encore des vertiges, Laurence Massart a décidé de suspendre l'audience, le temps qu'Ali El Haddad Asufi puisse effectivement être examiné par un médecin légiste.


Un juré doit à nouveau être remplacé

Le 3e juré suppléant était absent, jeudi matin, à la reprise du procès des attentats du 22 mars 2016, devant la cour d'assises de Bruxelles. Selon la présidente, l'homme a remis un certificat médical, souffrant d'une gastroentérite depuis la nuit dernière. C'est déjà le 4e juré qui fait défaut depuis le début du procès lundi, réduisant ainsi le nombre de jurés "de réserve" à 20 après seulement quelques jours d'audience.

La "réserve" de jurés vient donc de fondre de manière conséquente en seulement quatre jours d'audience

Le jury a été constitué le 30 novembre dernier. Au total, 36 citoyens ont été retenus sur une liste de 1.000 personnes, soit 12 jurés effectifs et 24 suppléants. Ces derniers sont "en réserve", prêts à remplacer un juré effectif qui serait récusé ou qui ne pourrait plus assister au procès pour des raisons personnelles ou de santé. Lundi, au premier jour du procès, un juré suppléant et une jurée suppléante étaient absents. La jurée a remis un certificat médical, mais le juré n'a pas fourni de motif. La cour a donc acté cette constatation.

Mardi, c'est une jurée effective qui a déserté le jury, après avoir glissé un certificat médical à la cour. Elle a donc été immédiatement remplacée par un suppléant. Jeudi, c'est à nouveau un juré suppléant qui a fait faux bond au procès, couvert lui aussi par un certificat médical.

La "réserve" de jurés vient donc de fondre de manière conséquente en seulement quatre jours d'audience. Ce procès est annoncé pour de nombreux mois et ne pourra être mené à terme que si un jury de 12 citoyens est maintenu.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...