”D’innombrables écrous et morceaux de métal” : les terribles constatations après les attentats de Bruxelles

Ce mardi 6 décembre 2022, le procureur fédéral a expliqué, au travers de l’acte d’accusation du parquet dont la lecture est en cours depuis 10h15, les détails relatifs aux deux explosions survenues à Zaventem et celle qui a eu lieu dans le métro.

Thomas Longrie
<p>Des secouristes soignent des blessés près de la station de métro Maelbeek le 22 mars 2016</p>
<p>Des secouristes soignent des blessés près de la station de métro Maelbeek le 22 mars 2016</p> ©AFP

Le 22 mars 2016, à 7h58, un kamikaze fait exploser la bombe artisanale qu’il transporte dans un sac placé sur un chariot dans l’ancien hall des départs du terminal Low Cost à la hauteur du comptoir d’enregistrement des bagages n’11 de la compagnie Delta Airlines. Onze secondes après, une deuxième explosion se produit à l’autre bout de l’aéroport dans le hall des départs du nouveau bâtiment de l’aéroport. Un deuxième kamikaze a déclenché la bombe préparée sur son trolley.

Sur place, le chaos est total. On dénombre plusieurs morts et des centaines de blessés. Plusieurs personnes gisent sur la voie publique. Seize personnes trouvent la mort dans ces explosions. Sur les images de surveillance analysées, les enquêteurs retrouvent la trace d’un trio d’hommes poussant chacun un chariot sur lequel un sac de voyage est posé, entrant dans l’aéroport à 7h34. L’un d’eux porte un chapeau.

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Ils se coordonnent et se séparent. Ibrahim El Bakraoui se dirige vers la rangée 11 en poussant son chariot. La première explosion a lieu dans cette zone à 7h58. Lorsque survient l’explosion, l’homme au chapeau, ultérieurement identifié comme Mohamed Abrini, sursaute et abandonne son chariot. Il s’écarte, se réfugie contre un mur. Pendant ce temps, celui qui sera identifié comme étant Najim Laachraoui fait exploser la bombe 11 secondes après la première. Après la seconde explosion, l’homme au chapeau prend la fuite.

”Un pompier tient dans ses bras un bébé ensanglanté”

Le même jour, vers 9h10, une puissante explosion se produit dans la deuxième voiture d’un métro qui quitte la station Maelbeek à Bruxelles, en direction du centre-ville. Un kamikaze, Khalid El Bakhraoui, a fait sauter la charge explosive placée dans le sac à dos qu’il portait. Ici aussi, le désarroi est complet : le procès-verbal initial relate les faits et décrit les premiers instants : “les vitres des différentes rames sont brisées”, “une forte odeur de brûlé et de poussières se dégage”, “un pompier tient dans ses bras un bébé ensanglanté”. On déplore 16 décès et des dizaines de blessés.

Le procureur fédéral a poursuivi la lecture de son acte d’accusation en relatant les constatations des premiers intervenants, évoquant un aéroport “totalement ravagé”. Avec un mur effondré, des portes arrachées, des fragments humains sur le sol. À l’aéroport, on retrouve des “centaines de boulons, écrous, fragments de métal, morceaux de câbles électriques” sur le sol. Des centaines d’impacts sont relevés sur les murs.

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Une poussette est renversée sur les voies

Une scène similaire est constatée à Maelbeek. Là aussi, “d’innombrables écrous et morceaux de métal”, mêlés “à des morceaux de corps”. Sous le quai opposé à la rame, se retrouvent les deux corps de personnes éjectées de la rame de métro lors de l’explosion. Une poussette est renversée sur les voies. Les personnes décédées se trouvent sur le quai et dans la seconde voiture qui ne contient presque plus que des morceaux de corps déchiquetés.

La reconstitution du parcours de l’auteur de l’explosion, identifié comme étant Khalid El Bakhraoui, a également été évoquée par le procureur général.

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