COP27 : la ministre Khattabi déçue que « la montagne ait accouché d’une souris », van Ypersele veut « remettre l’ouvrage sur le métier à la COP28 »

Le résultat de la COP27, malgré des négociations qui ont joué les prolongations jusqu’aux petites heures dimanche, n’est pas à la hauteur des attentes, en particulier sur le volet " atténuation ", a réagi la ministre fédérale du Climat, Zakia Khattabi (Ecolo), pour qui " la montagne a accouché d’une souris ".

 Le texte final est insuffisant pour s’assurer que les grands émetteurs augmentent et accélèrent leurs réductions d’émission, selon la ministre.
Le texte final est insuffisant pour s’assurer que les grands émetteurs augmentent et accélèrent leurs réductions d’émission, selon la ministre. ©BELGA

"Des rapports récents indiquent que nous nous dirigeons vers une alerte mondiale de 2,5°C. C’est une catastrophe pour l’humanité, et en particulier pour les pays et les communautés les plus vulnérables. Je suis venue pour conclure un accord ambitieux concernant l’opérationnalisation de l’accord de Paris et du Pacte climatique de Glasgow. On en est loin!", se désole la ministre belge, qui a participé aux négociations à Charm el-Cheikh, en Egypte.

Alors que cette décennie est décisive pour réussir à contenir la hausse du mercure à 1,5°C, comme l’ont répété les nombreux rapports du Giec, le texte final est insuffisant pour s’assurer que les grands émetteurs augmentent et accélèrent leurs réductions d’émission, selon la ministre. "Pour ce faire, il fallait que le Mitigation Work Program soit conçu comme un outil de suivi et de pilotage permettant une mise en œuvre effective et efficace de l’Accord de Paris et du Pacte de Glasgow, et pas un salon de discussion."

La COP27 a décidé la création d’un fonds pour les pertes et préjudices subis par les pays du Sud en raison du dérèglement climatique, une revendication de longue date des pays en développement. Mais "si l’enjeu de la justice climatique a enfin légitimement trouvé sa place dans l’accord, je regrette que cela soit au détriment de l’atténuation", poursuit Mme Khattabi. "Pour moi, les deux vont de pair, la solidarité c’est aussi mettre tout en œuvre en amont pour éviter les pertes et dommages. Nous marchons sur deux jambes, ici nous quittons la COP en boitant et on sait que, si l’on n’y prend garde, cela laisse des traces."

"Le manque de confiance entre les parties était trop important et a pesé sur les négociations. Cet accord était le seul possible dans ce contexte. Un nouveau chapitre s’ouvre, les premières lignes doivent permettre de rétablir la confiance, préalable nécessaire à un futur accord plus ambitieux", conclut la ministre belge.