60% des jeunes subissent des pressions pour se conformer aux stéréotypes sociétaux

Environ 60% des jeunes Belges subissent des pressions pour se conformer à l’image stéréotypée de l’homme ou de la femme, ressort-il jeudi d’une étude réalisée par Plan International Belgique dans le cadre de la Journée internationale de l’homme qui aura lieu le 19 novembre prochain.

 L’enquête a été réalisée auprès de 736 jeunes et démontre qu’il existe des règles tacites sur la façon dont les filles, mais surtout les garçons doivent «se comporter».
L’enquête a été réalisée auprès de 736 jeunes et démontre qu’il existe des règles tacites sur la façon dont les filles, mais surtout les garçons doivent «se comporter». ©Christophe Fouquin – stock.adobe

La moitié des sondés affirment également que la masculinité toxique qui en découle est problématique.

L’enquête a été réalisée auprès de 736 jeunes et démontre qu’il existe des règles tacites sur la façon dont les filles, mais surtout les garçons doivent "se comporter".

"On attend des garçons qu’ils soient dominants, qu’ils ‘conquièrent’les filles et qu’ils ne montrent pas leurs émotions", remarque d’entrée l’organisation. Selon elle, six jeunes sur dix doivent se "conformer" à ces idées préconçues de la virilité. Ce nombre grimpe même à 70% chez les jeunes de 16 à 19 ans. Pour Plan International Belgique, ces clichés sont véhiculés par plusieurs canaux. "Ces stéréotypes sont en partie alimentés par les médias, l’entourage, les clubs sportifs, l’école… qui maintiennent la pression pour que les garçons soient grands, forts, musclés et athlétiques", martèle-t-elle.

Elle ajoute que de telles manières de voir les choses poussent les garçons et les hommes à consommer de l’alcool de manière excessive et à avoir une conduite dangereuse pour être un "vrai homme". Ce comportement peut être dangereux à la fois pour eux, mais également pour autrui, ce que Plan International nomme comme étant de la "masculinité toxique".

L’étude révèle que, parmi les sondés, deux jeunes Belges sur trois "considèrent la masculinité toxique comme un problème mondial et une menace pour l’égalité de genre". Elle indique d’ailleurs que ceux-ci la détectent un peu partout, surtout en milieux scolaires et sportifs.

C’est d’ailleurs sur le monde du sport, et en particulier celui du football, que porte une partie de l’analyse parue jeudi. "L’image du sport qui est ‘l’habitat du mâle viril’y est très présente: l’attention disproportionnée accordée aux athlètes masculins dans les médias du monde entier, la ‘tradition ‘ d’insulter les arbitres et les propos sexistes tenus par les hommes envers les femmes dans les vestiaires des hommes des clubs de sport", souligne l’organisation.

L’étude poursuit cependant sur une note positive en relevant que les jeunes sont conscients que les choses doivent évoluer. "La situation s’améliore dans le monde du sport, qu’il s’agisse de l’attention accrue portée à la pratique du sport par les femmes ou de l’intention croissante des jeunes de s’opposer aux propos sexistes tenus dans les vestiaires", se réjouit l’organisation.

Elle continue en expliquant que 80% des jeunes Belges affirment que les hommes devraient accorder plus d’attention à la position des femmes dans la société. Ils sont même 79% à penser que les hommes devraient parler davantage de leurs sentiments.

" Les écoles, les médias, les clubs sportifs, les parents et les responsables politiques peuvent apporter leur contribution en soutenant des images et des voix diverses et inclusives et en encourageant les jeunes à être qui ils ou elles sont. Il est important pour les jeunes et le monde que les hommes deviennent des alliés dans la lutte contre la violence sexuelle et sexiste’, conclut-elle.

Pour ce faire, Plan International Belgique recommande de former les enseignantes et les enseignants, ainsi que les coaches pour mieux guider les jeunes vers l’égalité de genre.