Engie : le chiffre d’affaires en forte hausse, les discussions sur la prolongation du nucléaire en retard

Les discussions avec le gouvernement belge autour de la prolongation des réacteurs nucléaires Doel 4 et Tihange 3 jusqu’en 2035 se poursuivent, mais ont pris du retard, indique ce jeudi Engie, le propriétaire d’Electrabel, en marge de ses résultats trimestriels.

 Engie a vu son chiffre d’affaires bondir de plus de 85% sur neuf mois.
Engie a vu son chiffre d’affaires bondir de plus de 85% sur neuf mois. ©Photo News (Illustration)

Engie, par le biais de sa filiale Electrabel SA, et l’Etat belge ont signé en juillet une lettre d’intention pour évaluer la faisabilité et les conditions de prolongation de la durée de vie des réacteurs, rappelle Engie. Cette lettre comprend plusieurs conditions "indissociables", dont la prolongation pour dix années et le plafonnement des coûts liés à la gestion des déchets nucléaires. "Bien qu’ayant pris du retard, les discussions avec le gouvernement belge se poursuivent", affirme Engie.

Le groupe souligne toutefois travailler "de manière constructive" avec l’Etat belge pour contribuer à la sécurité d’approvisionnement énergétique en Belgique.

+85% du chiffre d’affaires

Dans le même temps, le groupe énergétique français a relevé ses objectifs pour l’année 2022 après des résultats en hausse au troisième trimestre, portés par les cours élevés de l’énergie et la croissance de la plupart de ses activités.

Le résultat net récurrent (hors exceptionnels) du groupe devrait désormais se situer dans une fourchette de 4,9 à 5,5 milliards d’euros, indique l’énergéticien, qui a vu son chiffre d’affaires bondir de plus de 85% sur neuf mois.

Engie a vu son chiffre d’affaires bondir de plus de 85% sur neuf mois, à 69,3 milliards d’euros. Son résultat d’exploitation (Ebit) est à 7,3 milliards, en hausse de 84,4%.

Le principal fournisseur de gaz en France s’est aussi dit "confiant" dans sa capacité d’approvisionnement pour l’hiver prochain, sans gaz russe.

Engie, dont l’État français détient près de 24%, a continué de réduire son exposition aux volumes achetés précédemment à Gazprom, à un niveau aujourd’hui "epsilonesque" selon les termes de Pierre-François Riolacci, directeur général adjoint Finances, RSE et Achats.

"Pour l’hiver 2023-24, le groupe reste confiant dans le fait que les volumes supplémentaires contractés par le biais de nouvelles sources d’approvisionnement y compris le gaz naturel liquéfié, ainsi qu’une diminution attendue de la demande, contribueront à remplacer le besoin en gaz provenant de Russie et à atteindre les niveaux de stockage requis", indique le communiqué.

"Notre situation financière nous permet de contribuer à la gestion de crise à travers la mobilisation de notre trésorerie, les mécanismes gouvernementaux de partage des bénéfices, ainsi que des dispositifs d’accompagnement de nos clients", a indiqué la directrice générale, Catherine MacGregor.. Les personnels de l’entreprise devraient pour leur part recevoir une prime exceptionnelle de 1.500 euros, a annoncé le groupe.