60 ans après l’« affaire Softenon », où une famille met fin à la vie de son bébé, née sans bras suite à l’absorption du Softenon

Début novembre 1962, une famille est jugée devant la cour d’assises de Liège après la mort d’un bébé de neuf jours. Carine n’avait pas de bras à la naissance, car sa mère avait pris le médicament Softenon pendant sa grossesse. « Sa vie aurait été un enfer, alors elle devait mourir. » La famille, qui a ôté la vie du bébé, a été acquittée.

Thomas Longrie
Procès du Softenon
The accused in the Softenon case: Doctor Casters, Mrs Monique Coipel, Mrs Yerna, M. Vandeputte, Mrs. Suzanne Coipel. (BELGA ARCHIVES) ©Belga

Elle s’en souvient encore. Comme si c’était hier, ou presque. Malgré ses 93 printemps, elle n’oubliera jamais ce procès qui s’est ouvert devant les assises de Liège au début novembre 1962. Sans aucun doute l’une des affaires les plus retentissantes de l’époque : celle de la famille Vandeput-Coïpel, qui a mis fin à la vie de leur bébé, né sans bras suite à l’absorption de thalidomide, un nouveau calmant apparu sur le marché belge sous le nom de Softenon et qui, dans toute l’Europe, causa de très graves malformations aux fœtus des femmes enceintes à qui on l’avait prescrit. Celles-ci ont donné naissance à des enfants lourdement handicapés.