Thomas Dermine charge le MR: "Il bloque les abaissements de charges pour les petits et les bas salaires"

Thomas Dermine est revenu sur l'écologie ainsi que sur la grève de ce mercredi.

La Rédaction

La COP27 a ouvert ses portes ce dimanche jusqu'au 18 novembre. L'occasion pour une centaine de chefs d'État ou de gouvernement de discuter du climat et d'essayer de prendre des décisions fortes. D'autant plus que l'heure est grave au moment de constater qu'aucun pays n'a respecté les Accords de Paris de 2015 et que le réchauffement s'accélère.

Pour évoquer ce sujet brûlant, Martin Buxant accueillait Thomas Dermine ce lundi matin, le secrétaire d’État pour la Relance et les Investissements stratégiques. Avec une question en fond: ce rendez-vous n'est-il pas choquant alors que des milliers de personnes vont voyager vers l'Égypte? "Disons que voir des milliers de personnes arriver dans un pays pour parler d'écologie me choque moins que des millions qui vont voir des matchs de foot au Qatar", lance directement l'homme politique du PS.

Dans son champ d'action, Thomas Dermine a également expliqué en quoi il pouvait aider pour la transition verte. "Le débat écologique est pollué par deux choses. La première est le fait que l'on parle de décroissance ou de sobriété écologique lorsque l'on parle de ce sujet. Ou alors il faut croire que la technologie va tout changer. Mais en réalité, lorsque l'on parle d'écologie, on devrait surtout parler d'infrastructure. Comme nos bâtiments par exemple et leurs performances écologiques. Nous avons l'une des plus faibles en Europe. Nous investissons donc dans ces bâtiments afin d'améliorer ces performances avec le plan de relance." Pour financer la rénovation des écoles, des bâtiments administratifs ou encore les prisons, l'argent provient parfois de l'Europe.

Pour assurer cette transition écologique, le secrétaire a évoqué plusieurs solutions d'avenir comme l'hydrogène ou l'éolien en mer où la Belgique fait partie de la pointe de ces nouvelles techniques. Mais difficile d'évoquer ces nouveaux moyens sans parler du nucléaire. "Le gouvernement a reconnu que c'était une énergie importante dans le mix de transition. Le but est d'aller le plus vite possible à 100% de renouvelable. Mais entre aujourd'hui et ce moment-là, nous devrons utiliser le nucléaire comme énergie de transition."

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Ensuite, les deux hommes sont revenus sur la grève nationale qui va toucher la Belgique ce mercredi. Un mouvement intersyndical qui va faire mal. "Une grève ne fait plaisir à personne", a-t-il estimé. "Nous la soutenons car une grève est un constat de contestation dans la société. C'est un moyen légitime pour démontrer cette contestation." Problème: si elle existe, c'est pour contester contre les actions de son gouvernement. "Ce n'est pas une grève contre le gouvernement ou les employeurs. C'est juste le reflet d'un mécontentement car nous sommes arrivés à une situation extrêmement grave. Nous devons nous serrer les coudes", lui a-t-il rétorqué.

Pour Thomas Dermine, il ne faut absolument pas revenir sur l'indexation des salaires. Contrairement à Pierre Wunsch, le directeur de la Banque Nationale, dans la Libre Belgique. "C'est déjà la quatorzième fois que la BNB ou le patronat veut revoir ce système. Je trouve cela très paradoxal. Toutes les études nous montrent que le meilleur moyen pour protéger le pouvoir d'achat en pleine crise, c'est l'indexation. Revenir là-dessus maintenant est très cynique."

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En revanche, les PME ont beaucoup de mal à joindre les deux bouts. "C'est pour cela que la que nous essayons de les aider. Et que la prochaine réforme fiscale va être très importante. Mais elle doit être juste et équilibrée. Il faudra compenser cette perte sur l'immobilier du travail et les hauts salaires." Il a ensuite attaqué frontalement le MR. "Ce parti estime défendre la classe moyenne. En réalité, il faut dire très clairement que c'est le MR qui bloque pour des abaissements de charges pour les petits et les bas salaires."