Bien vivre dans un logement non chauffé: le défi SlowHeat

Le chauffage représente une part importante de la facture d’énergie des ménages. Mais comment s’en passer, même en hiver ? Le projet de recherche SlowHeat explore des solutions alternatives.

Aline Leroy

Malgré la crise énergétique actuelle, Nicolas Loriau et sa compagne Christelle Hunaerts ne redoutent pas l’arrivée du froid. En effet, l’hiver dernier, ils avaient déjà réglé leur thermostat sur 15°C.

Ils n’ont pas pris cette décision sur un coup de tête. En août 2021, ce couple bruxellois rejoint SlowHeat, un projet de recherche appliquée qui explore des méthodes pour bien vivre sans chauffer son logement. "On voulait réduire notre empreinte carbone, raconte Nicolas Loriau, SlowHeat collait bien à notre démarche."

Changer d’échelle

Parmi les solutions explorées par SlowHeat, il y a l’idée de chauffer les corps plutôt que les logements. Si Nicolas et Christelle se contentent de s’habiller chaudement, d’autres participants se tournent vers des chauffages d’appoint. "On a mis un panneau radiant de 300 watts sur le bureau de mon fils, explique Geoffrey Van Moeseke, ingénieur-architecte et membre de SlowHeat, ça suffit pour se chauffer si on est à proximité."

 Cette sorte de grand tableau est en réalité un chauffage radiant de 300 watts. Moins énergivore qu’un chauffage classique, il permet de rester au chaud sans devoir chauffer toute la pièce.
Cette sorte de grand tableau est en réalité un chauffage radiant de 300 watts. Moins énergivore qu’un chauffage classique, il permet de rester au chaud sans devoir chauffer toute la pièce. ©Aline Leroy
 Nicolas Loriau s’est équipé d’un panneau chauffant pour le télétravail. Une solution de secours dont il n’a pas encore eu l’utilité.
Nicolas Loriau s’est équipé d’un panneau chauffant pour le télétravail. Une solution de secours dont il n’a pas encore eu l’utilité. ©Aline Leroy

Chaque participant choisit le scénario qui lui convient. "On ne normalise pas la température à atteindre, précise Geoffrey Van Moeseke, c’est à chacun d’explorer les limites de son confort et d’écouter son corps."

Allier économies et écologie

En 2020, les chercheurs de SlowHeat partent d’un constat: face au dérèglement climatique et à l’épuisement des ressources, nos modes de chauffage ne sont pas viables. De fait, le chauffage est la principale source de consommation d’énergie des foyers.

La crise énergétique marque un tournant pour SlowHeat. "Au début, certaines personnes prenaient le projet à la rigolade. Maintenant, on vient nous demander conseil", remarque Nicolas Loriau.

"La littérature scientifique parle souvent de 5 à 10% d’économies par degré de moins, affirme Geoffrey, SlowHeat confirme ça. Quand j’étais à quinze degrés au lieu de vingt, j’avais effectivement 50% de réduction de consommation de gaz."

L’impact écologique est aussi au cœur des préoccupations des chercheurs, et ce n’est pas sans raison. Selon climat.be, en 2020, le chauffage résidentiel constituait 13,8% des émissions de gaz à effet de serre. C’est plus que l’agriculture.

Le projet de recherche se terminera en septembre 2023. À terme, l’équipe de SlowHeat espère ouvrir la voie vers un modèle thermique plus durable.

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