«Paris a montré la voie à suivre» pour le procès des attentats de Bruxelles

V-Europe tire un bilan positif du procès parisien, qui a établi au moins en partie une « vérité judiciaire » sur les événements de 2015. 

Belga
 Attentats de Bruxelles en mars 2016.
Attentats de Bruxelles en mars 2016.

Le verdict tombé mercredi soir à Paris dans le procès des attentats de novembre 2015 a été suivi avec attention en Belgique, entre autres au sein de l’association V-Europe, créée en Belgique aux lendemains des attentats du 22 mars 2016 et qui représente des dizaines de victimes du terrorisme.

"Paris a montré la voie à suivre" avec le procès qui vient de se terminer, a estimé jeudi matin au micro de DH Radio Guillaume Lys, l’un des avocats de l’ASBL. "Ils ont réussi à faire en sorte que les débats se tiennent de manière sereine, dans un contexte extrêmement difficile, et ils ont montré une organisation à toute épreuve", qu’il faudra tenter de démontrer également à Bruxelles, où le procès des attentats de 2016 débutera le 10 octobre prochain. Pour l’avocat, le choix d’organiser ce vaste procès d’assises appelé à durer de longs mois dans le "Justitia", nouvelle implantation de la Justice dans les bâtiments de l’ancien siège de l’Otan à Haren, n’était cependant pas le plus judicieux.

"On s’est compliqué la tâche en décidant de faire ça dans le Justitia, où les conditions sont assez rudimentaires. On a pris une ancienne caserne militaire qu’on a essayé de transformer en un lieu de justice, avec des contraintes sécuritaires qui parfois ne cadrent pas avec l’organisation d’un procès", indique l’avocat, qui a participé récemment à un procès "test" dans ce bâtiment. "On ne peut rien emporter dans les salles, pas d’eau, pas de pomme, pas de médicament. Il y a des problèmes logistiques qui semblent parfois futiles, mais qui sur 10 mois peuvent avoir leur importance. Il faut avoir un accueil assez digne pour que les gens ne se concentrent que sur le procès", estime-t-il. 

Sur le fond, il reste des "zones d’ombre" à éclaircir dans l’organisation des attentats, par exemple sur le rôle précis d’Oussama Atar, note l’avocat. Les victimes attendent le procès de Bruxelles en espérant qu’on lève au moins un coin du voile sur ces questions, mais V-Europe tire un bilan positif du procès parisien, qui a établi au moins en partie une "vérité judiciaire" sur les événements de 2015. 

"La vérité est très complexe, il y en a plusieurs... Mais la vérité judiciaire est nécessaire, pour savoir de quoi on a été victime", ce qui est nécessaire pour se reconstruire, observe jeudi matin Philippe Vansteenkiste, directeur de V-Europe. Interrogé sur Bel RTL, il salue des "verdicts à la hauteur des faits", et indique que l’association se prépare au procès bruxellois. Elle est en train de mettre en place "un suivi continu" pour pouvoir communiquer aux victimes des résumés lors du procès, leur expliquer "de manière claire et avec des termes pas toujours judiciaires" ce qu’il s’y passe au jour le jour. De nombreuses victimes, qui "sont toujours dans le trauma ou dans un état post-traumatique" ne souhaiteront pas suivre "tout de a à z" sur place ou via les médias, où elles seraient confrontées à des images et des noms difficilement supportables émotionnellement, estime Philippe Vansteenkiste.