La Belgique, haut lieu de la production de cigarettes de contrefaçon fumées en France

La production de cigarettes de contrefaçon se déplace de l’Europe de l’Est vers le Benelux.

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L’an dernier, 10 usines illégales ont été démantelées en Belgique, un nombre doublé par rapport aux dernières années, ressort-il d’une étude du cabinet d’audit KPMG commandée par le cigarettier Philip Morris International. L’objectif pour les contrebandiers: se rapprocher de la France qui, comme la Grande-Bretagne, forme l’un de leurs marchés de prédilection.

Les Belges, eux, fument de moins en moins de cigarettes de contrefaçon, remarque KPMG. Celles-ci constituent 4,6% des cigarettes parties en fumée au Plat pays (soit environ 400 millions de cigarettes), représentant une perte supérieure à 100 millions d’euros en accises pour l’année écoulée. Outre-Quiévrain, c’est plutôt la tendance inverse: la consommation de cigarettes illégales est passée de 13% en 2017 à 29% l’an dernier, pour une perte de six milliards d’euros, selon Ellen Thewissen, du département Prévention du commerce illégal chez Philip Morris Benelux, qui lie ce constat à la hausse du prix du paquet de cigarettes en France ces dernières années. Les consommateurs de l’Hexagone se tourneraient dès lors vers des produits contrefaits, moins coûteux.

En conséquence, de nouvelles usines illégales fleurissent en Belgique pour combler la demande française. L’an passé, 10 ont été découvertes, contre six en 2020, quatre en 2019 et trois en 2018. "Les douanes belges ont fait un excellent travail ces dernières années, comme en témoignent les nombreux sites démantelés. Toutefois, des bandes criminelles organisées sont toujours vraisemblablement actives en Belgique", relève Mme Thewissen.

En Europe, la consommation de cigarettes de contrefaçon a augmenté de 3,9% (+1,3 milliard de cigarettes illégales), d’après l’étude de KPMG qui, dans la lignée de l’industrie du tabac, commanditaire de l’étude, craint "une nouvelle augmentation du commerce illicite de tabac en Belgique et en Europe si, ici aussi, de fortes augmentations d’accises faisaient grimper les prix trop rapidement".