Guerre en Ukraine: les livraisons militaires belges en baisse significative depuis le mois d’avril

Les livraisons de matériel militaire belge aux forces ukrainiennes ont significativement baissé depuis la fin avril, ressort-il d’informations obtenues mercredi par l’agence Belga.

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 Le montant total des livraisons depuis la fin février a atteint 34 millions d’euros mais seulement quatre millions sur les deux derniers mois.
Le montant total des livraisons depuis la fin février a atteint 34 millions d’euros mais seulement quatre millions sur les deux derniers mois. ©Photo News

Quelques-unes ont eu lieu le 23 mai et une autre a encore eu lieu à la mi-juin. Le montant total des livraisons depuis la fin février a atteint 34 millions d’euros mais seulement quatre millions sur les deux derniers mois.

La Défense a dans un premier temps puisé dans ses stocks, notamment en livrant 5.000 fusils automatiques FNC qui devaient être retirés du service et des munitions ainsi que du matériel non létal (générateurs, tentes, équipement médical, etc.) mais elle doit conserver un stock stratégique. Elle a également acheté pour 12 millions d’euros du matériel en stock auprès des entreprises de défense belges, notamment des armes légères auprès de la FN - en particulier des FN Scar - et du matériel de vision auprès de la société OIP. Le 23 mai, on relève la seule livraison de matériel lourd, à savoir des missiles anti-char guidés. Le 15 juin, il s’agit à nouveau de munitions anti-char.

La situation a inquiété le député Georges Dallemagne (Les Engagés). "A l’heure où les Ukrainiens sont dans une situation extrêmement difficile dans le Donbass, où ils enregistrent une mortalité effrayante, et appellent au secours, nous devons passer des paroles aux actes. Ce dont l’Ukraine a besoin, ce sont des armes modernes, lourdes et précises pour neutraliser les centres qui bombardent sa population et ses lignes de défense", a-t-il expliqué mercredi.

Nous voulons continuer à soutenir l’Ukraine. C’est nécessaire, par des livraisons d’armes mais pas uniquement

Le problème a également interpellé le député Theo Francken (N-VA). "J’ai compris que, pour le moment, il n’y a pas de livraison d’armes. Y a-t-il encore des choses prévues? Le peuple ukrainien et l’armée de (président ukrainien, Volodymyr) Zelensky ont absolument besoin d’un soutien urgent supplémentaire", a-t-il demandé mercredi en commission de la Chambre.

Comme d’autres pays, la Belgique paraît désormais manquer de matériel à exporter. "Nous voulons continuer à soutenir l’Ukraine. C’est nécessaire, par des livraisons d’armes mais pas uniquement. On a eu une deuxième réunion du groupe de contact avec d’autres pays. On a reçu de nouvelles de nouvelles demandes de l’Ukraine qui ne portent pas seulement sur du matériel létal. Nous voyons avec nos entreprises comment répondre tout en sachant que pour la Belgique comme pour d’autres pays, il y a plus de demande que d’offre. Les chaînes d’approvisionnement commencent à chauffer, cela nécessite plus de temps pour avoir des stocks. La semaine passée, on a acheminé du matériel et on continue à regarder ce qui est possible par ailleurs", a répondu la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS).

Des obusiers sont également partis de la Belgique. La Défense les avait retirés du service en 2008, alors qu’ils venaient d’être remis à niveau, et ils ont été revendus en 2015 à une société flamande spécialisée dans les surplus militaires. La Défense n’a pas pu les récupérer puisqu’ils ne lui appartenaient plus et qu’aucune clause contractuelle ne le permettait mais ils ont finalement pris le chemin de l’Ukraine.

Selon M. Francken, il s’agirait d’un achat britannique. A bonne source, l’on indiquait début juin que, ce faisant, le gouvernement avait évité une difficulté politique, tous les partenaires de la coalition gouvernementale Vivaldi ne soutenant pas l’envoi de matériel lourd.