2% du PIB consacrés à la Défense d’ici 2035: un accord soumis à 6 conditions

Fumée blanche : réuni en conseil des ministres restreint (kern), le gouvernement fédéral a conclu ce samedi soir un accord concernant une trajectoire budgétaire permettant à la Belgique de consacrer 2% de son PIB à la Défense. D’ici 2035 et sous conditions.

Belga
 Le Premier ministre Alexander De Croo et ses ministres ont trouvé un accord en kern.
Le Premier ministre Alexander De Croo et ses ministres ont trouvé un accord en kern. ©Photo News

Le gouvernement fédéral est parvenu à un accord samedi après plus de 7 heures de négociations sur un engagement belge visant à consacrer 2% du Produit intérieur brut (PIB) à la Défense d’ici 2035. La Belgique répondrait ainsi à la demande en ce sens formulée par l’Otan depuis 2014.

Le Premier ministre Alexander De Croo se rendra du 28 au 30 juin à Madrid à un sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Otan. Il pourra annoncer aux alliés l’engagement confirmé de la Belgique. Un courrier en ce sens a en outre été envoyé au secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

1,54% du PIB d’ici 2030

Jusqu’à présent, un accord avait été conclu début février sur un effort d’1,54% du PIB d’ici 2030. Cette trajectoire budgétaire a été confirmée samedi. "Cette trajectoire de croissance confirme le redimensionnement de notre armée, avec une perspective d’un retour social et sociétal", a indiqué la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), lors d’une conférence de presse organisée à l’issue d’une réunion du comité ministériel restreint (kern). "Le département pourra, à terme, se placer au cœur du dispositif de l’Europe de la Défense avec une contribution alignée à celle des alliés de l’Otan. La croissance du budget nous permettra d’assumer de manière crédible nos missions parmi nos alliés et partenaires. Derrière ces engagements se retrouve une volonté politique d’agir de manière à traduire 4 lignes de forces: le personnel, la résilience, la collaboration avec les industries de défense et centres de recherche du pays et le renforcement du pilier européen."

Après 2030, la Belgique s’engage vers les 2% du PIB à l’horizon 2035. Mais "ce n’est pas un chèque en blanc", a nuancé le Premier ministre. "Le combien est important, mais la manière aussi".

Le gouvernement fédéral a donc posé six conditions.

Premièrement, la Belgique réclame davantage d’intégration européenne , en complémentarité avec l’Otan.

Deuxièmement, le gouvernement souhaite un retour sur investissement plus important pour le tissu industriel belge et européen.

Troisièmement, le retour sociétal doit lui aussi être plus important, notamment en matière de cybersécurité et d’éducation.

Quatrièmement, les investissements dans la Défense ne doivent pas être réalisés au détriment d’autres enjeux , comme le climat les défis sociétaux.

Cinquièmement, la notion d’aide à la nation (lors d’une pandémie ou d’inondations par exemple) doit être incluse dans les dépenses de la Défense.

Enfin, sixièmement, la Belgique point l’importance d’ élaborer un cadre européen qui encourage l’investissement productif.

Le Premier ministre a par ailleurs indiqué devant la presse que la Belgique serait bien représentée la semaine prochaine à Vienne en tant qu’observatrice à la conférence des États parties au Traité sur l’Interdiction des Armes nucléaires (TIAN).

Revoyez la conférence de presse détaillant le contenu de l’accord: