Jeholet et Glatigny demandent la grâce du professeur Djalali, tout comme Roberta Metsola

M. Djalali, qui était basé à Stockholm où il travaillait pour l’Institut médical Karolinska, a été arrêté lors d’une visite en Iran en 2016.

Belga
 Ahmadreza Djalali est condamné à mort en Iran.
Ahmadreza Djalali est condamné à mort en Iran. ©Belga

Le ministre-président francophone, Pierre-Yves Jeholet, et sa ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, ont réclamé mercredi la grâce et la libération du professeur Ahmadreza Djalali, médecin irano-suédois professeur invité à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) menacé d’exécution en Iran, se joignant à un vaste mouvement international auquel s’est aussi ralliée la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.

"Par la présente, nous relayons et appuyons la profonde préoccupation des autorités  académiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles face à la situation du professeur Ahmadreza Djalali, chercheur en médecine d’urgence et invité à la VUB, et demandons d’urgence sa grâce et sa libération", ont-ils affirmé dans une lettre adressée à l’ambassadeur d’Iran en Belgique, Gholamhossein Dehghani, et rendue publique par le cabinet de la ministre.

"Nous fondons l’espoir que le soutien européen et international au professeur Ahmadreza Djalali sera pris en compte", ajoutent Mme Glatigny et M.Jeholet (tous deux MR). 

La présidente du Parlement européen (PE), Roberta Metsola, a elle aussi appelé mercredi l’Iran à ne pas exécuter M. Djalali, en rappelant, à l’ouverture d’une session à Bruxelles, l’opposition du PE à la peine de mort.

Appelant l’Iran à surseoir à l’exécution de M. Djalali, à le gracier et à le libérer immédiatement et sans condition, Mme Metsola a déclaré: ‘‘la peine de mort n’empêche pas les crimes capitaux. Elle constitue un déni intolérable du droit humain le plus élémentaire, le droit à la vie.". 

Elle a ajouté avoir écrit au président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. 

La présidente de la Chambre, Eliane Tillieux (PS), et son homologue du Sénat, Stéphanie D’Hose (Open Vld) ont pour leur part envoyé la semaine dernière un courrier aux autorités iraniennes afin de s’inquiéter du sort réservé au professeur Djalali, tout en réaffirmant leur opposition claire à toute forme de peine capitale.

Au début du mois, le Premier ministre Alexander De Croo, qui exerce également la fonction de ministre des Affaires étrangères, avait indiqué avoir demandé à s’entretenir à ce sujet avec le président iranien Ebrahim Raïssie.

L’agence de presse iranienne ISNA a affirmé le 4 mai que le scientifique serait exécuté prochainement, au plus tard le 21 mai. 

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, a toutefois indiqué lundi que l’exécution pourrait être repoussée, tout en assurant que la condamnation de M. Djalali "est définitive".

M. Djalali, qui était basé à Stockholm où il travaillait pour l’Institut médical Karolinska, a été arrêté lors d’une visite en Iran en 2016. Il enseigne aussi à l’Université du Piémont oriental (Italie).

En février 2018, pendant sa détention, la Suède a accordé à l’universitaire la nationalité suédoise.

Condamné à mort en 2017 à l’issue d’un procès "inique et entaché de torture", selon l’organisation Amnesty International., M. Djalali avait été accusé d’avoir transmis au Mossad, les services de renseignement israélien, des informations sur deux responsables du programme nucléaire iranien, ce qui aurait permis leur assassinat entre 2010 et 2012.

En mars 2021, les experts de l’ONU en droits humains avaient appelé Téhéran à libérer M. Djalali, dénonçant un "traitement cruel et inhumain". Mardi, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies a appelé l’Iran à suspendre l’exécution et demandé la révocation de sa condamnation.