La Belgique prendra part aux bataillons UE en 2024 en vue de la force de réaction rapide

La Belgique prendra part en 2024 aux groupements tactiques (« battlegroups ») de l’Union européenne, bases de la future capacité de déploiement rapide de 5.000 militaires de l’UE approuvée il y a deux semaines pour entrer en action en 2025, a annoncé mercredi la ministre de la Défense Ludivine Dedonder, dans une tribune conjointe avec ses collègues du Benelux.

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La Belgique prendra part aux bataillons UE en 2024 en vue de la force de réaction rapide
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Les chiffres et les unités concernées ne sont pas encore fixés, mais les tours de rôle sont connus. La Belgique envisage également de participer à cette capacité de déploiement rapide en 2025, avec des "capacités de niche", entendez des compétences spécifiques mais pas spécialement nombreuses. L’UE renforcera aussi son quartier général militaire à Bruxelles, "sachant que nous avons besoin d’un commandement et d’un contrôle appropriés pour planifier et mener nos opérations militaires européennes."

Ces efforts entrent dans le cadre de la "boussole stratégique de l’UE", le plan d’action des Vingt-sept pour les cinq à dix prochaines années qui vise à renforcer la coopération de l’UE en matière de défense. Le tout en articulation avec l’OTAN "qui reste la pierre angulaire de notre défense collective".

"La décision de Poutine d’envahir l’Ukraine a affûté l’aiguille de cette boussole, alors que la guerre est revenue sur notre continent européen", affirment dans leur communiqué les ministres belge Ludivine Dedonder, néerlandaise Kajsa Ollongren et luxembourgeois François Bausch.

Un turbocompresseur pour la cohésion européenne

"Poutine a atteint l’opposé de son objectif de diviser l’UE et l’OTAN. Sa décision d’envahir l’Ukraine agit comme un turbocompresseur pour la cohésion européenne. En tant que pays du Benelux, nous sommes pleinement engagés à jouer notre rôle et à mettre ces plans en œuvre", ont-ils souligné.

De leur côté, les Pays-Bas mettront 150 militaires, des véhicules blindés Boxer et une unité médicale à disposition, dans la mise en œuvre de la boussole stratégique. Le Luxembourg fournira des communications par satellite et assurera la surveillance de l’espace.

Les trois pays font valoir leur coopération de longue date, notamment dans la composante maritime. "Les marines néerlandaise et belge travaillent en étroite collaboration depuis 1948. Les états-majors opérationnels de nos marines sont intégrés à l’Amirauté Benelux. Nous travaillons ensemble à la formation du personnel militaire, à l’acquisition et à l’entretien de nos navires et nous sommes indissociables sur le plan logistique. La Belgique et les Pays-Bas développent conjointement de nouvelles frégates et des navires de lutte contre les mines. La Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas ont l’intention d’acquérir, d’entretenir et d’exploiter conjointement des drones de reconnaissance."

Surveillance de l’espace aérien

Dans la composante aérienne, le Benelux partage des avions et des heures de vol dans l’unité multinationale MRTT (Multi Role Tanker Transport) de l’OTAN. La Belgique et le Luxembourg exploitent conjointement une flotte de huit avions de transport, qui ont opéré dans l’évacuation de Kaboul en août dernier. Belgique et Pays-Bas surveillent conjointement l’espace aérien du Benelux dans le cadre de la police aérienne de l’OTAN. En novembre, des avions de chasse belges ont décollé pour intercepter deux bombardiers russes survolant la zone de la mer du Nord surveillée par les Néerlandais.

"Notre coopération bilatérale et trilatérale est multiple et de longue date. Elle témoigne d’un niveau de confiance élevé. Nous espérons qu’elle pourra servir d’exemple pour une coopération militaire européenne à plus grande échelle", déclarent les trois ministres.